Jacynthe Laing et Jean-Sébastien Ricard ont dévoilé mercredi les grandes lignes de la campagne de financement de la Fondation du Centre Le Havre.

La construction au printemps

TROIS-RIVIÈRES — Le Centre Le Havre de Trois-Rivières ira en appel d’offres à la fin d’octobre pour trouver l’entrepreneur qui amorcera dès le printemps la reconstruction de sa maison de transition, un service essentiel pour cet organisme de lutte à l’itinérance dont la Fondation se dit interpellée par la légalisation du cannabis.

La prochaine maison de transition aura 24 chambres, le même nombre que l’ancienne bâtisse disparue en fumée en mai 2017. Elle sera érigée au même endroit, soit au coin de Laviolette et de Sainte-Geneviève.

Plus de deux millions de dollars seront requis afin de construire cette bâtisse qui devait être érigée cette année. Mais les délais associés notamment au respect des normes de la Société d’habitation du Québec ont retardé le processus.

«Il y a plus de normes à respecter en matière d’environnement, de sécurité, d’accès aux personnes à mobilité réduite, ce qui fait grimper la facture», explique Jacynthe Laing, responsable des activités philanthropiques et de la communication de la Fondation du Centre Le Havre, rencontrée mercredi lors du dévoilement des activités de la campagne de financement de l’année 2018-2019.

La disparition de cette maison de transition a forcé la direction à trouver une solution temporaire. Le but était de continuer d’offrir sa mission de stabiliser les personnes qui veulent sortir de l’itinérance. C’est la raison pour laquelle le Havre est devenu locataire de l’ancien centre diocésain, situé à deux coins de rue, pour y aménager 19 chambres en attendant de reconstruire sa propre maison qui devrait être prête dans un an.

«On a pensé s’installer de façon permanente au centre diocésain, mais c’était beaucoup trop compliqué. Ça revenait trop cher comme projet, de par la configuration des lieux et la mission du Havre», précise Jean-Sébastien Ricard, le président de la Fondation du Havre.

Les coûts de reconstruction de la maison seront couverts à environ 80 % par les assurances. Le reste proviendra de subventions gouvernementales et de contributions du milieu qu’on souhaite généreuses.

Clientèle en hausse

Comme en 2017-2018, le Havre a fixé l’objectif de la campagne de financement à 80 000 $. La direction de la Fondation du Havre espère que la population saura de nouveau être généreuse cette année envers un organisme qui doit faire face à une hausse constante de la clientèle. En 2017-2018, 1357 demandes d’accueil ont été effectuées, une hausse de 250 demandes par rapport à l’année précédente. Quelque 30 000 repas ont été servis, une augmentation de quelque 8000 repas en un an.

Les personnes fréquentant le Havre font face à différents problèmes comme des troubles mentaux, la violence conjugale et la toxicomanie. La légalisation du cannabis est d’ailleurs un sujet de préoccupation.

«Est-ce que ça va changer les habitudes de consommation? Est-ce que ça va banaliser la consommation? L’avenir va nous le dire», déclare M. Ricard.

Une soirée-bénéfice sous le thème d’Harry Potter aura lieu le 8 novembre à l’île Saint-Quentin. Le Havre espère accueillir 200 personnes qui paieront chacune 195 $ pour prendre part à cette soirée incluant un souper haut de gamme.

Le 30e anniversaire du Havre sera souligné en 2019 notamment par la présentation d’un spectacle-bénéfice. Ce spectacle d’humour aura lieu au printemps. Le nom de l’artiste qui sera à l’affiche sera dévoilé plus tard.

La dernière campagne de financement a permis d’amasser une somme record de 249 613 $. Ce montant a été récolté à la suite d’une belle vague de solidarité engendrée par l’incendie de mai 2017.