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La conseillère Valérie Renaud-Martin se lance dans la course à la mairie de Trois-Rivières.
La conseillère Valérie Renaud-Martin se lance dans la course à la mairie de Trois-Rivières.

La conseillère Valérie Renaud-Martin briguera la mairie de Trois-Rivières

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
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La conseillère du district des Carrefours, Valérie Renaud-Martin, se lance dans la course à la mairie de Trois-Rivières.

Celle qui a été la candidate du Parti libéral du Canada dans Trois-Rivières aux dernières élections fédérales a fait l’annonce de sa candidature à la mairie jeudi matin par voie de communiqué confirmant du même coup les rumeurs qui circulaient depuis un certain temps. 

«Je tenais à avoir une équipe autour de moi avant de faire le saut», mentionne-t-elle en évoquant la situation sanitaire actuelle pour expliquer sa stratégie de communication.

Pour convaincre les électeurs de lui accorder leur confiance, Valérie Renaud-Martin mise notamment sur son expérience au conseil municipal. 

«Ça fait quatre ans que je suis conseillère municipale. J’ai quand même de l’expérience à ce titre, je suis capable de me mettre à la place d’un conseiller municipal. J’ai aussi une élection fédérale à mon actif, ce qui fait que j’ai une très bonne expérience», affirme la conseillère du district des Carrefours lorsqu’on lui demande pourquoi elle est une bonne candidate à la fonction de mairesse. 

«Et j’ai acquis aussi des liens très importants avec les différents paliers de gouvernement, ce qui est un atout quand on est mairesse d’une ville comme Trois-Rivières.»

À sept mois des élections du 7 novembre, l’actuel maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, connaît donc officiellement une première adversaire déjà élue au conseil municipal. Au cours des derniers mois, celle-ci a d’ailleurs vivement critiqué le leadership du maire en plus de lui reprocher son manque de transparence à l’endroit des conseillers municipaux dans le dossier du projet du pavillon de recherche de l’UQTR au centre-ville. Rappelons aussi que le citoyen Pierre Côté a manifesté son intention d'être candidat à l'élection au poste de maire. 

Valérie Renaud-Martin affirme aussi être à l’écoute des préoccupations des citoyens et entend dévoiler les grandes lignes de son programme progressivement dans les prochains mois. Elle estime aussi être une politicienne rassembleuse, une force selon elle pour «travailler avec les citoyens et les conseillers». 

«Je veux qu’on consulte davantage, qu’on implique les citoyens. La politique municipale est le gouvernement de proximité, mais c’est celui qui a le plus de difficulté à mobiliser les gens», soutient Mme Renaud-Martin. 

«C’est comme ça qu’on devient plus attractif.»

Cette approche favorisera le développement d’une économie «plus forte et diversifiée», précise la candidate à la mairie de Trois-Rivières.

Consciente que l’offre d’infrastructures aquatiques ne répond pas à la demande de la population, Valérie Renaud-Martin n’a pas voulu aborder en profondeur cette question, alors que de nombreux citoyens demandent la construction du complexe aquatique et que la Ville n’a pas obtenu de subvention pour la rénovation de la piscine de l’Expo. Elle mentionne toutefois que la Ville doit dans la réalisation de ses projets «respecter la capacité de payer des contribuables». 

«Nos taux de taxation sont encore considérés parmi les plus élevés. Faut changer ça», mentionne-t-elle. 

Bien que l’approche Vision zéro qui proposait entre autres des diminutions de vitesse dans les rues collectrices et secondaires a connu une levée de boucliers, de nombreux citoyens sont préoccupés par la vitesse, note Valérie Renaud-Martin. Elle affirme que la population souhaite des interventions ciblées, comme le projet des rues conviviales qu’elle a piloté comme conseillère, plutôt qu’un plan comme Vision zéro. 

À l’instar de Jean Lamarche, Valérie Renaud-Martin sera candidate indépendante. Bien qu’elle ne cache pas ses liens avec les fondateurs du parti politique Action civique de Trois-Rivières, la candidate à la mairie soutient qu’elle n’a jamais envisagé une candidature sous cette bannière politique et «qu’aucune discussion n’a eu lieu» en ce sens.

«Je respecte leur initiative, mais ce n’est pas le véhicule que je choisis pour faire de la politique municipale», précise-t-elle. 

Un des fondateurs du parti Action civique et ancien directeur de campagne de Valérie Renaud-Martin lors des élections fédérales, Jean-Claude Ayotte, confirme que la conseillère municipale a fermé la porte au parti dès ses balbutiements. Il rappelle également que la formation politique a l’intention de présenter un candidat à la mairie ainsi que dans chacun des districts. 

«Elle a su faire preuve de leadership dans la dernière campagne électorale et j’ai beaucoup de respect pour sa démarche, mais de mon point de vue, Valérie Renaud-Martin ne choisit pas le bon véhicule», soutient Jean-Claude Ayotte, l’actuel chef de l’Action civique. 

«Notre formation politique n’est toutefois pas à l’heure de faire des annonces pour un chef (candidat à la mairie) et des candidats. Il reste encore beaucoup de temps avant les élections.»

En dévoilant ses intentions, Valérie Renaud-Martin s’identifie comme étant l’opposante du maire actuel lors de la prochaine campagne électorale. Cela vient par la même occasion clarifier les intentions de la conseillère des Carrefours, estime son collègue du district de Sainte-Marthe, Daniel Cournoyer. 

«Ça va être une opposition franche, mais c’est correct. Au moins, c’est affiché et les couleurs sont données», affirme-t-il. «Quand c’est larvé ou on suppose des candidatures, c’est plus difficile.»

C’est d’ailleurs pour éviter qu’on lui prête des intentions électoralistes chaque fois qu’il prenait la parole que le conseiller du district de Pointe-du-Lac, François Bélisle, a annoncé plus tôt cette année qu’il ne briguera pas la mairie

Élu depuis 2013, le conseiller de Pointe-du-Lac ne croit par ailleurs pas que l’annonce de Valérie Renaud-Martin met à mal le climat au conseil municipal. 

«Les clivages sont déjà existants», note-t-il. «En 2017, le maire Yves Lévesque et Jean-François Aubin avaient déclaré leurs intentions en janvier pour que tout soit clair. Est-ce que le conseil a été dysfonctionnel? Non. C’était très gentlemen. Et le maire Lévesque pouvait être bouillant.»

De son côté, la conseillère du district des Forges salue le courage de Valérie Renaud-Martin d’afficher ses intentions publiquement. Mariannick Mercure ne dresse toutefois pas un bilan très reluisant de sa collègue du district des Carrefours. «Je ne crois toutefois pas que ça va changer grand-chose au conseil, l’annonce de sa candidature», mentionne Mme Mercure.

«Valérie [Renaud-Martin] s’oppose vraiment aux idées des autres depuis le jour un de son mandat. Elle s’est campée dans un rôle d’opposition depuis le début. Et elle n’amène jamais de solutions. Elle est incapable de pousser des idées, ça ne changera pas», ajoute aussitôt la conseillère des Forges qui tire sa révérence à la fin de son mandat. «Elle est beaucoup alignée sur les idées de Jean Lamarche.»

Même son de cloche du côté de Denis Roy, conseiller du district Marie-de-l’Incarnation. Il soutient que Valérie Renaud-Martin a effectué «beaucoup de changements de caps» lors de son mandat. «Elle a été la dauphine du maire Yves Lévesque, avant de l’affronter aux élections fédérales. Là, elle s’essaie à la mairie. Ça ressemble à ‘‘priorité carrière’’. Son bilan est mince.»