La conseillère du district des Forges, Mariannick Mercure.

La conseillère Mariannick Mercure persiste et signe

TROIS-RIVIÈRES — Les réactions ont été nombreuses dans les heures qui ont suivi la publication du geste de la conseillère municipale Mariannick Mercure, qui a critiqué la présence d’Yves Lévesque à la marche pour le climat de vendredi et l’a traité, lui et le Parti conservateur, de «criminels climatiques». De nombreuses personnes l’ont accusée de manquer de classe, certains appelant même à sa démission. Deux jours après les événements, la conseillère du district des Forges persiste et signe, affirmant ne regretter nullement son geste.

Vendredi, alors que l’ancien maire de Trois-Rivières désormais candidat conservateur s’est présenté à la manifestation, Mme Mercure l’a confronté, lui disant qu’il n’aurait pas dû s’y présenter en raison des positions de son parti qu’elle juge insuffisantes sur la question environnementale. M. Lévesque a répliqué en la qualifiant d’extrémiste, dans un échange verbal qui a été filmé par le conseiller municipal Denis Roy et largement diffusé sur les réseaux sociaux.

«Je m’attendais à ce que ça réagisse. Il y a toujours bien une personne sur trois qui vote conservateur et Yves Lévesque est aimé par au moins 50 % des électeurs», reconnaît Mme Mercure. La conseillère refuse cependant de s’excuser et encore plus de démissionner, comme plusieurs personnes le lui demandent sur les réseaux sociaux.

«Quand j’ai fait Vision zéro, des gens appelaient à ma démission, rappelle-t-elle. Est-ce que je m’y attendais (à ce qu’on la demande à nouveau), pas forcément, mais ça ne me surprend pas. Je parlais de sécurité routière et les gens appelaient à ma démission. Alors non, je ne démissionnerai pas parce que j’ai dit que les conservateurs étaient des criminels climatiques. Je persiste et je signe.»

«À chaque fois que je fais de la politique autrement et que je sors du cadre, je me fais ramasser sur les réseaux sociaux. Mais que voulez-vous que je vous dise? Je vais très bien dormir ce soir et je pense que les deux premières années de mon mandat avec Vision zéro m’ont préparée à ça. J’assume mes positions et j’ai envie d’être authentique», ajoute-t-elle.

La conseillère affirme par ailleurs que de nombreuses personnes lui ont témoigné leur soutien au cours de la fin de semaine. «Je me fais constamment arrêter dans la rue par des gens. Tantôt, je suis allée au restaurant et je me suis fait dire bravo. Dans la vraie vie, je reçois beaucoup d’appuis, au téléphone, par courriel et en personne, beaucoup de monde me disent merci, on est derrière toi», soutient-elle.

Le maire Jean Lamarche a refusé vendredi de commenter l’altercation verbale entre Mme Mercure et M. Lévesque. Dimanche, son cabinet refusait toujours de commenter, mais dit considérer complètement inapproprié le geste de la conseillère. Trois autres conseillers, soit Denis Roy, Pierre Montreuil et Claude Ferron, se sont rangés derrière leur collègue, vendredi, croyant eux aussi que l’ancien maire aurait dû s’abstenir de se présenter, même s’ils indiquaient qu’ils n’auraient peut-être pas employé les mêmes termes.

D’autres conseillers qui étaient présents à la manifestation de vendredi étaient moins catégoriques, mais ne souhaitaient pas pour autant condamner les agissements de leur collègue, disant que ceux-ci lui appartenaient. Seul le conseiller du district de La-Vérendrye, Dany Carpentier, a mentionné que selon lui, le geste de Mme Mercure «aurait dû être évité».

Même si les avis divergent - certains conseillers marchaient d’ailleurs sur des œufs lorsqu’invités à commenter l’incident -, Mme Mercure ne croit pas que ce dernier aura une incidence sur ses relations avec ses collègues au conseil municipal.

«Je ne m’y attends pas. En politique, on est constamment en train de confronter des idées. C’est toujours à ce niveau-là qu’on se tient au conseil, aussi dures et frontales puissent être les idées, à partir du moment où on reste dans le débat d’idées, non, je pense que ça va bien aller au conseil», affirme-t-elle.

Yves Lévesque et son équipe refusaient toujours de commenter l’incident, dimanche.