La Commission municipale du Québec débarquera à l’hôtel de ville de Shawinigan au cours des prochaines semaines.

La Commission municipale débarque à Shawinigan

SHAWINIGAN — La Commission municipale du Québec a annoncé, jeudi, que Shawinigan deviendra la première ville de 10 000 à 100 000 habitants à subir un mandat de vérification sous sa gouverne. Son rapport devrait être déposé avant la fin de l’année.

En juin 2019, le conseil municipal avait adopté une résolution pour demander à la CMQ d’effectuer un audit de performance, rendu obligatoire pour les municipalités de 10 000 à 100 000 habitants à compter du 1er janvier 2020. Les élus auraient également pu confier ce mandat à un auditeur indépendant, ce qui aurait cependant entraîné des frais.

Depuis plusieurs années, le regroupement Shawinigan citoyens avertis souhaitait que le gouvernement instaure un mécanisme pour procéder à un examen des municipalités de moins de 100 000 habitants, qui sont soustraites à l’obligation d’embaucher un vérificateur général.

Vicky Lizotte, vice-présidente à la vérification de la Commission municipale du Québec, a décidé que l’audit planifié à Shawinigan portera sur la gouvernance et la gestion financière.

Isabelle Rivoal, porte-parole de la CMQ, précise que près de 25 conseils municipaux à travers la province ont adopté une résolution semblable au cours des derniers mois. Elle mentionne que divers facteurs influencent l’organisme dans le choix des villes qu’elle souhaite étudier en priorité. En principe, la CMQ doit procéder à cet examen dans un délai de deux ans.

«C’est un processus de planification rigoureux, axé sur les risques, qui démontre qu’une fois que l’audit sera fait, il y aura un potentiel de valeur ajoutée», explique-t-elle. «Nous décidons où nous nous rendons à partir de ce qu’on entend ou à partir de certains indicateurs qui nous poussent à aller vers telle ou telle municipalité. C’est un ensemble de facteurs qui nous poussent à nous décider pour une ville en particulier.»

La porte-parole prévient toutefois que cet audit ne doit pas laisser place à des interprétations saugrenues ou à de fausses attentes.

«Ce n’est pas du tout une enquête», précise-t-elle. «Un audit, c’est rigoureux, mais ce n’est pas une enquête. Nous n’arrivons pas à la suite d’une divulgation. Nous agissons toujours au bénéfice du citoyen. On souhaite que cet audit se fasse dans une perspective d’amélioration, pour susciter des changements positifs. Il faut y voir une opportunité d’avoir un regard indépendant et objectif.»

La CMQ vient de faire parvenir sa lettre de mission au directeur général, Yves Vincent. Une équipe se déplacera à l’hôtel de ville, au cours des prochaines semaines, pour définir ses objectifs d’audit et ses critères d’évaluation.

Le rapport contiendra des constats, des conclusions et des recommandations. Il sera transmis aux élus et rendu public.

«Ça prend six à neuf mois, en moyenne», estime Mme Rivoal.