L'ancien président de la FTQ Michel Arsenault devant la Commission Charbonneau, mercredi

La commission Charbonneau: un show de boucane

Le cirque de cette commission qui tourne en rond depuis déjà trop longtemps a tenté de satisfaire une des conditions exigées par le gouvernement du Parti québécois, soit celle de publier un rapport sur leurs activités au terme de cette moitié de mandat.
Qui plus est, il s'agissait d'une condition de prolongation de ce mandat exigée par la commission elle-même à la fin de 2013. Comme plusieurs l'anticipaient, rien de vraiment concret n'est ressorti de ce rapport si ce n'est que des statistiques de travail comme le nombre de témoins interrogés, sur les heures de recherches; en somme, une tentative de justifier la raison d'être de cette commission.
Cette semaine nous avons pu assister au show Michel Arsenault. La procureure Sonia Lebel s'est signalée par ses propos arrogants et son attitude de souverain mépris, et la juge Charbonneau a tenté d'atténuer les erreurs de parcours de sa procureure. Elle a perdu beaucoup de temps en rapport avec le bateau de Tony Accurso; ce n'est pas d'hier que ce type de relations entre partenaires d'affaires existent.
Il y a bien le commissaire Lachance qui s'est permis quelques incursions dans ce monde syndical sans trop de succès. Le problème majeur réside dans le fait que cette commission s'est immiscée dans un rôle d'enquête sur la régie interne d'un syndicat alors que ce n'était absolument pas le sien.
Pas besoin d'être un expert pour constater que la juge et ses procureurs ne connaissaient rien de la régie interne d'un syndicat aussi fort que celui de la FTQ. Par exemple, quand ce fut le temps de régler le sort de gens nuisant à la bonne marche du syndicat, monsieur Arsenault marchait sur un terrain miné et il lui fallait établir une stratégie très calculée pour parvenir à sortir ces personnes menaçantes pour la réputation de ce mouvement syndical, ce qui explique en bonne partie toutes ses conversations téléphoniques et le blabla entourant les tractations avec les gens impliqués.
Tout ce show de boucane de cette dernière semaine a été une vraie perte de temps; tout ce travail d'enquête à l'interne relevait de l'UPAC et de la police oeuvrant sur les crimes économiques. Attendre les résultats des enquêtes de ces derniers aurait été beaucoup plus concluant.
Autre chose étrange: des témoins comme Milioto, Borselino qui ne se souvenaient de rien ont été interrogés avec beaucoup moins d'arrogance; que dire de Lino Zambito que cette commission a propulsé dans la gloire!
Un dernier point intéressant: monsieur Arsenault a révélé des chiffres vraiment impressionnants sur les rendements du Fonds de Solidarité FTQ; plus de 4 % en ces années de crise économique est vraiment révélateur. Quand il affirme que la Caisse de dépôt et de placement a perdu 40 milliards $ lors de ces années difficiles et que certains des responsables devraient témoigner de leur incompétence devant la commission il n'a pas tort et il a raison d'affirmer que les placements dans le Fonds de Solidarité FTQ ont été bien gérés par des gens très compétents.
Aucun d'entre nous ne sait exactement combien coûtera cette commission Charbonneau aux contribuables. Que nous a-t-elle appris au juste? Qu'il y avait de la magouille et des irrégularités en matière de finance et de gestion? Cela fait très longtemps que la population constate ces faits et qu'elle les dénonce. Toutefois, lorsque les autorités en place ayant la responsabilité de s'occuper de gouvernance et de gestion font la sourde oreille et refusent d'agir en conséquence, il n'est nullement surprenant d'en être rendu où nous sommes.
Alain Tourigny
Victoriaville