Michel Lemay et Alain Gélinas, respectivement vice-président et président de la CAVP.

La Coalition souhaite des actions rapides du nouveau gouvernement

TROIS-RIVIÈRES — La Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite (CAVP) demande au nouveau gouvernement caquiste de François Legault de s’engager rapidement auprès des propriétaires aux prises avec la pyrrhotite en Mauricie.

La CAVP souhaite attirer l’attention des nouveaux élus sur trois actions qu’elle juge prioritaires.

La Coalition demande tout d’abord au gouvernement provincial de défrayer, pour les quelque 4000 victimes, le prix qu’il en coûte pour effectuer des tests sur le béton des fondations, soit quelque 1500 $ par maison.

Beaucoup de propriétaires n’ont en effet pas les moyens de payer cette somme qui ajoute au fardeau de leur problème de pyrrhotite. Cette aide financière permettrait donc à tous les propriétaires dont la maison a été construite entre les années 1996 à 2008, de faire le test et à la CAVP ainsi qu’au gouvernement du Québec d’obtenir enfin un portrait clair de la situation tout en libérant plusieurs familles de l’incertitude.

La CAVP souhaite aussi que les études scientifiques sur la pyrrhotite se poursuivent le plus rapidement possible. Les nouvelles connaissances sur la pyrrhotite pourraient en effet être d’une aide précieuse pour les propriétaires que l’on dit «en zone grise». Ces derniers, rappelons-le, ont trouvé de la pyrrhotite dans leur béton, mais à un taux inférieur à 0,23 %. Ils ne peuvent donc pas bénéficier des programmes d’aide financière pour reconstruire leurs fondations tant et aussi longtemps que des fissures n’apparaissent pas. La seule présence de pyrrhotite, même sous le seuil de 0,23 %, rend évidemment leur maison invendable. Bref, ce sont les pires prisonniers de la pyrrhotite. C’est le jugement phare rendu en 2014 qui avait décrété à 0,23 % le seuil à partir duquel la pyrrhotite commencerait à faire des dommages.

Cette donnée pourrait toutefois être révisée à la lumière des études scientifiques à venir sur le comportement de la pyrrhotite qui n’est pas encore totalement compris.

Finalement, la CAVP demande une bonification du programme actuel d’aide aux propriétaires qui sont aux prises avec la pyrrhotite. Ce programme ne couvre en effet qu’une partie des énormes dépenses auxquelles sont confrontées les victimes. La CAVP souhaite également que le programme fasse preuve de flexibilité pour les situations particulières.

Les représentants de la CAVP indiquent qu’ils souhaitent travailler sur ces enjeux dans les plus brefs délais en collaboration avec les nouveaux élus régionaux, et ce, pour le bien-être des victimes.

Il y a quelques jours, alors que 500 victimes de la pyrrhotite étaient réunies à Trois-Rivières pour une rencontre d’information, «plusieurs d’entre elles ont exprimé leur mécontentement et s’attendent à des engagements fermes de la part du nouveau gouvernement et des députés caquistes de la région», indique le président de la CAVP, Alain Gélinas.

«Durant la campagne électorale, les candidats se sont dits sensibles à la situation des victimes et ils ont maintenant l’opportunité de passer à l’action», fait valoir de son côté le vice-président de la CAVP, Michel Lemay.