Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a dénoncé, lundi après-midi, les agissements de certains clients et tenanciers dans les bars de la région métropolitaine.
Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a dénoncé, lundi après-midi, les agissements de certains clients et tenanciers dans les bars de la région métropolitaine.

La clientèle des bars difficile à maîtriser

TROIS-RIVIÈRES — Plus d’une semaine après la réouverture de leur commerce, des tenanciers trifluviens ont noté un relâchement parmi leurs clients, qui ne semblent plus se soucier des mesures sanitaires mises en place par la Santé publique à l’aube du déconfinement progressif de la société.

C’est notamment le cas du propriétaire de l’Embuscade, Luc Bouthillier, qui avait pu rouvrir son bar immédiatement après le feu vert donné par le gouvernement. En un peu plus d’une semaine, celui-ci a remarqué une diminution prononcée de la vigilance des clients à l’intérieur du bar.

«Au départ, les gens respectaient assez bien ce qui avait été mis en place pour assurer leur sécurité. Maintenant, c’est devenu très difficile de les contrôler. Plus ça va, plus les gens semblent penser que la pandémie est réglée, mais ce n’est vraiment pas le cas», a-t-il fait savoir.

Ce phénomène ne semble pas limité à la région. Le nouveau ministre de la Santé, Christian Dubé, a effectué une virulente sortie, lundi après-midi, pour dénoncer les agissements de certains clients et propriétaires de bars ayant dépassé les bornes le week-end dernier.

Des sanctions exigées

Par ailleurs, M. Bouthillier déplore la souplesse dont ont fait preuve les autorités gouvernementales à la suite du déconfinement. Selon lui, cela a encouragé certains commerçants à dépasser les limites, attirant ainsi plus de gens et nuisant par le fait même aux propriétaires soucieux d’assurer la sécurité de leurs clients.

«Si le gouvernement veut être bon joueur, il n’a pas le choix d’imposer des sanctions à ceux qui transgressent les règles. En ce moment, les clients partent des bars où les mesures sanitaires sont respectées pour se rendre dans les endroits où ils sont libres de faire ce qu’ils veulent. Ainsi, les plus honnêtes d’entre nous n’ont plus de business», a-t-il souligné.

Il en va de même pour le propriétaire de l’Abasie, Yves Germain, qui craint de subir injustement les conséquences des agissements d’autres commerçants, qui pourraient forcer le gouvernement Legault à reconfiner les bars et les restaurants.

«Financièrement, la réouverture n’a pas été évidente. Toutefois, la clientèle a vraiment été au rendez-vous et s’est avérée très généreuse envers nos employés. Tout le monde a respecté la distanciation sociale à l’intérieur de mon établissement. Par contre, on a vu d’autres bars qui exagéraient clairement. Déjà que ce n’est pas facile pour nous sur le plan économique, je ne voudrais pas que les répercussions de leur comportement tombent sur nous», a-t-il exprimé.

Bien qu’il condamne les débordements commis par d’autres tenanciers, M. Germain croit que les bars n’ont pas à porter tout le blâme des exagérations de la société sur leurs épaules. Pour lui, de nombreux événements plus risqués ont eu lieu sans nécessairement qu’une augmentation marquée du nombre de cas de COVID-19 ne soit observée par la suite.

«On a vu de nombreux rassemblements survenir un peu partout à travers le Québec dans les dernières semaines et rien de trop grave n’est survenu. Je pense donc qu’il ne faut pas trop blâmer les propriétaires de bars pour ce qui se passe actuellement. Les décisions demeurent cependant prises par des gens qui connaissent mieux la situation que moi, qui œuvre dans le divertissement et non dans la santé. Je dis simplement que je suis partagé», a-t-il indiqué.