Le CIUSSS-MCQ assure que les services du Centre de prévention suicide Centre-de-la-Mauricie—Mékinac seront désormais assurés par les autres CPS de la région.

La clé sous la porte

Shawinigan — Le Centre de prévention suicide Centre-de-la-Mauricie—Mékinac met définitivement la clé sous la porte. L’organisme, qui s’était vu révoquer son financement par le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec en février dernier n’aura pas réussi à se faire entendre pour que cette décision soit revue. Devant une absence complète de financement, les membres ont procédé à la dissolution de la corporation, lundi soir.

«On a bien tenté de redresser la situation et de démontrer que nous étions en mesure de remplir les exigences du CIUSSS, mais la décision a été finale. Devant ce constat, les membres ont procédé à la dissolution de la corporation en assemblée générale spéciale», indique Denis Mercier, président par intérim du conseil d’administration de l’organisme. Ce dernier déplore d’ailleurs que le CIUSSS ait tout simplement refusé de rencontrer le nouveau conseil d’administration dans ce processus d’appel. «S’il y avait eu une certaine ouverture, peut-être que nous aurions été en mesure de sauver le centre. On nous a dit que c’était dommage qu’on soit arrivé si tard dans le processus», indique Denis Mercier.

Ce n’est certainement pas de gaieté de cœur que les membres en sont arrivés à cette difficile décision, assure M. Mercier. «C’est désolant, parce que c’est la population qui sera victime de tout ça. Il y avait énormément de besoins dans la région, tellement que nos appels et nos rencontres d’intervention étaient à la hausse cette année, autant que nos endeuillés. Le nouveau conseil d’administration a travaillé fort pour tenter de redresser tout ça. C’est bien dommage», reconnaît Denis Mercier.

On se souviendra que cet hiver, le CIUSSS-MCQ a révoqué le financement de l’organisme. Cette décision faisait suite à un suivi particulier de plus d’un an de la part du CIUSSS, après que des lacunes eurent été soulevées au sein de l’organisme, allant de la gestion quotidienne au service rendu aux usagers.

Onze mesures de redressement avaient été demandées de la part du CIUSSS, qui avait retenu les versements du financement de l’organisme pendant près de six mois. En décembre, huit de ces onze mesures avaient été remplies, permettant le retour d’une partie du financement. Or, l’organisme avait jusqu’au 31 janvier pour se conformer à toutes les exigences du CIUSSS ce qui, visiblement, n’avait pas été fait. Le financement a donc été révoqué.

Cette décision avait par ailleurs été précédée par une importante vague de démissions au conseil d’administration, si bien qu’au début du mois de février, plus aucun administrateur ne siégeait à cette corporation. La permanence de l’organisme a lancé un appel à la population afin de relancer les activités, et un nouveau conseil d’administration a été formé afin de reprendre le flambeau.

L’organisme s’était par ailleurs prévalu d’une disposition lui permettant de faire appel de la décision du CIUSSS de révoquer le financement. Durant ce temps, le nouveau conseil d’administration a tenté de faire la démonstration que les exigences du CIUSSS pouvaient être remplies, mais n’ont pas pu se faire entendre du CIUSSS. Ces exigences portaient sur l’embauche d’une ressource externe spécialisée, l’élaboration d’un plan d’action pour les tâches de l’équipe et le développement d’un code d’éthique. «Le nouveau conseil d’administration était très dynamique et avait une volonté de réussir», constate Denis Mercier.

Ainsi, d’ici à vendredi, les gens qui téléphonent à la ligne d’aide du Centre de prévention suicide sont invités, par un message enregistré, à contacter la ligne 1-866-APPELLE, ou encore le 811 pour le service psychosocial du CLSC. Après vendredi, toutefois, la ligne téléphonique de l’organisme sera définitivement hors service. La maison qui abritait les locaux du CPS, sur l’avenue Georges à Shawinigan, est déjà à vendre. La balance des profits réalisés par la vente seront reversés à des organismes communautaires du Centre-Mauricie et de Mékinac.

Appel d’intérêt

Le territoire sera pour le moment desservi par les autres Centres de prévention du suicide de la région, indique le CIUSSS. Un appel d’intérêt est par ailleurs en cours pour obtenir de la part des autres organismes du territoire un plan de couverture du Centre-de-la-Mauricie et de Mékinac, afin d’offrir rapidement des services de proximité en prévention du suicide. 

Un financement de plus de 289 000 $ annuellement sera accordé à l’organisme qui obtiendra ce contrat, soit pour le déploiement des services, l’implantation du programme Sentinelles de même que l’ouverture d’un bureau dans la région du Centre-Mauricie ou de Mékinac, mais devrait aussi couvrir le territoire de la Haute-Mauricie. L’ancien CPS recevait annuellement une subvention de 162 000$.

«Le CIUSSS MCQ a fait appel aux CPS déjà existants de la Mauricie et du Centre-du-Québec pour desservir les territoires du Centre-de-la-Mauricie et de Mékinac. Cette démarche assurera la mise en place d’un organisme dans un souci de lui permettre d’offrir des services de prévention, d’intervention et de postvention directement dans la communauté. La prise en charge et la réponse aux besoins de la population de ces territoires pourront être effectuées en collaboration avec notre établissement», a fait savoir le CIUSSS. Sa porte-parole, Valérie Provencher, indique que l’appel d’intérêt présentement en cours devrait connaître très rapidement son dénouement, dans un souci de services à la population.

Cette dernière soutient que malgré toute sa bonne volonté, le nouveau conseil d’administration n’a pas été en mesure de remplir les exigences demandées dans les délais prescrits.

«Il est important que la population sache qu’il y a des ressources qui demeurent, en attendant la mise en place de cette nouvelle offre de services. Que ce soit par la ligne 1-866-APPELLE, le service 811 ou encore dans nos différents CLSC, il y a des ressources. Le suicide ne devrait jamais être une option et on invite les gens à téléphoner s’ils en ressentent le besoin», ajoute-t-elle.