Selon le nouveau tracé, les canotiers feraient un arrêt avant le pont de la rivière Matawin. Le lendemain, les rameurs s'élanceraient devant la structure, qui servirait d'estrade pour l'occasion.

La Classique en route vers Trois-Rives

Saint-Roch-de-Mékinac devra faire une croix sur la première étape de la Classique internationale de canots. Des discussions très avancées sont en cours avec le groupe Hôtels Marineau afin de déplacer ce premier arrêt en amont de la rivière Saint-Maurice, à Trois-Rives.
Ainsi, selon ce nouveau tracé, les canotiers feraient un arrêt avant le pont de la rivière Matawin. Le lendemain, les rameurs s'élanceraient devant la structure, qui servirait d'estrade pour l'occasion. 
Les négociations se poursuivent dans ce dossier, le dernier échange entre les deux parties ayant eu lieu mercredi.
«Pour l'instant, rien n'est signé. Hier (mercredi), (la Classique) est revenue avec une contre-offre. Nous l'analysons, mais ce n'est pas nécessairement ce qui nous plaît. Je sais qu'ils veulent changer l'endroit de l'arrêt», mentionne Donald Desrochers, directeur du marketing pour l'entreprise.
Comment expliquer l'intérêt des Hôtels Marineau pour la Classique? L'Auberge de la rivière, propriété de l'entreprise, est située dans ce secteur. 
M. Desrochers avance que la Classique pourrait aussi se tourner vers un particulier et utiliser son terrain.
«Même s'ils s'arrêtent sur un terrain privé à proximité de chez nous, c'est gagnant pour nous. C'est bon pour la business
Dans les bureaux de la Classique, on ne dément pas l'information, tout en ajoutant qu'on ne veut pas négocier sur la place publique. «On ne rend pas les endroits publics parce que les dossiers sont en voie d'être finalisés. On a un échéancier et un plan de match à respecter et tout sera annoncé en conférence de presse au mois d'août», s'est contenté de dire la coordonnatrice, Catherine Beaudoin-Duval.
Les organisateurs ont toutefois été trahis par leur propre documentation. Une publicité parue dans un magazine local affichait la présence de Matawin comme première étape du parcours. On retrouve la même chose dans le formulaire de bénévolat affiché sur le site Web de l'événement. Comme quoi le choix de Rivière-Matawin remonte à plusieurs semaines.
À l'hôtel de ville de Trois-Rives, on confirme l'intérêt de la Classique pour l'endroit. Le maire, Lucien Mongrain, a d'ailleurs rencontré les hautes instances de l'événement lors d'un cocktail dans le cadre du FestiVoix. 
«On m'a dit que nous allions avoir des nouvelles au mois d'août», confirme le premier magistrat.
Même si Trois-Rives a de fortes chances d'accueillir la Classique dès cet été, la nomenclature des besoins de l'événement n'a pas été acheminée à la Municipalité, ni une demande de participation monétaire de 5000 $ comme c'est le cas dans la documentation remise au conseil municipal de Saint-Roch-de-Mékinac.
Jeudi matin, lors d'un point de presse, le président de la Classique, Stéphane Boileau, a été questionné au sujet de cette liste de demandes, dont les grandes lignes ont été dévoilées dans nos pages, jeudi matin. Le Nouvelliste a d'ailleurs obtenu une copie du courriel en question. Celui-ci y est allé d'une réponse directe.
«Pantoute! Ce n'est pas de même que ça s'est passé», a-t-il dit de manière directe. Une déclaration qui semblait nier l'existence de cette communication.
Celui-ci est toutefois revenu sur ses propos en fin d'après-midi. Selon lui, l'envoi visait à démontrer pourquoi le site proposé par la Ville ne répondait pas aux attentes de l'organisation, mais qu'il ne s'agissait pas de demandes afin que Saint-Roch-de-Mékinac accueille l'événement. 
«Lorsque nous avons envoyé cette liste, c'était pour dire quels étaient nos besoins et démontrer pourquoi ils ne pouvaient les remplir. On s'attend à la même chose que La Tuque, Shawinigan et Trois-Rivières. Il n'y a pas de place sur leur site.»
La coordonnatrice de la Classique, Catherine Beaudoin-Duval, a abondé en ce sens.
«Ça fait longtemps qu'on leur avait parlé pour leur dire que ça ne serait pas chez eux, mais il n'y avait pas d'ouverture de la part du maire. En juin, nous leur avons expliqué pourquoi ils n'avaient pas la capacité technique pour nous accueillir.»
À Saint-Roch-de-Mékinac, on persiste et signe en disant que cette liste représentait bel et bien les demandes de la Classique.  L'attente d'une participation financière de 5000 $ a semblé jeter par terre le maire, Guy Dessureault. 
En comparaison, la Ville de Trois-Rivières verse une somme de 35 000 $ en plus de fournir des équipements tels que des barrières anti-émeutes. 
«Ils demandent 5000 $! Qu'ils oublient ça!», répond du tac au tac le maire, soulignant qu'il s'agit de la première fois que la Municipalité reçoit une telle requête.
«Il y a eu beaucoup de changements (dans la direction). Je ne doute pas des capacités de M. Boileau en tant que chanteur, organisateur de festivals. Mais la Classique, ce n'est pas un spectacle, c'est une compétition. On n'est pas fous nous non plus, on voit clair», proteste M. Dessureault.
Cette liste fait le détail des besoins de la Classique pour les années 2014 et 2015 en matière d'espace, de matériel, ainsi que les besoins en alimentation électrique. Par contre, la Municipalité n'avait pas à fournir de chapiteau.
Pour 2015, les demandes de l'événement sont plus importantes en matière d'espace pour les véhicules, de 275 à 350 places, de toilettes ainsi que de bacs à ordures et recyclage, passant de 30 à 50.