La chirurgie cardiaque, une voie prometteuse

TROIS-RIVIÈRES — Selon Jean Grondin, son père Pierre Grondin a rapidement compris que les transplantations représentaient l’avenir de la médecine lorsqu’il s’est lancé dans cette voie dans les années 1960.

La voix de Jean Grondin est empreinte de fierté lorsque Le Nouvelliste l’invite à parler de son père et de l’exploit réalisé il y a 50 ans. Ce professeur de philosophie à l’Université de Montréal se souvient très bien de cette greffe cardiaque effectuée à l’Institut de cardiologie de Montréal, la toute première au Canada.

«J’avais 13 ans. Quand ça s’est produit, ça a été une très grande sensation. Mon père est devenu une grande star médiatique du jour au lendemain. Il faisait des conférences de presse sur l’état de ses malades. C’était en première page de tous les journaux. Je m’en souviens, je voyais surtout mon père à la télévision! Il ne s’éloignait pas beaucoup de l’hôpital.»

M. Grondin décrit son père comme étant quelqu’un de déterminé et de fonceur.

«Il savait ce qu’il voulait et n’avait pas froid aux yeux. Il avait fait une formation en chirurgie dans les années 1950 et il a vu que la chirurgie cardiaque était la voie la plus prometteuse pour la médecine.»

Jean Grondin rappelle que son père a été formé aux États-Unis par des médecins de haut niveau, dont Denton Cooley qui a réalisé la première implantation d’un cœur artificiel en 1969 à Houston. La technique de greffe était connue, notamment pour avoir été pratiquée sur des chiens. C’est Cristiaan Barnard, un médecin de l’Afrique du Sud, qui a été le premier à greffer un cœur sur un humain, en décembre 1967.

Ces avancées dans le monde médical ont conduit à la présentation d’un grand congrès à l’été 1968. Pierre Grondin avait amené toute sa famille en Afrique du Sud, où une quinzaine de médecins ayant fait des greffes avaient partagé leurs expériences.

Le deuxième congrès a eu lieu en 1969 à Montréal et c’est Pierre Grondin qui l’avait organisé, affirme Jean Grondin. «Il y avait plus de monde, car plus de médecins faisaient des greffes cardiaques.»

Cette période de l’histoire a été marquante notamment en matière scientifique et dans le domaine spatial. C’est aussi l’époque de grands bouleversements sociaux: 1968 est marquée par des manifestations étudiantes en France, par l’assassinat de Robert Kennedy et celui de Martin Luther King aux États-Unis, par les combats armés au Vietnam, par le Printemps de Prague.

«Je garde un souvenir positif, déclare Jean Grondin. C’est un moment important pour la science au Québec et au Canada.»