Ils sont de plus en plus nombreux à découvrir les délices du poulamon.
Ils sont de plus en plus nombreux à découvrir les délices du poulamon.

La chair du poulamon prend du galon

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
SAINTE-ANNE-DE-LA-PÉRADE — Depuis environ cinq ans, le Festival des petits poissons des chenaux de Sainte-Anne-de-la-Pérade a mis en place des stratégies pour faire connaître les bonnes façons d’apprêter le poulamon et de profiter de sa saveur qui rappelle la morue. Résultat, les pêcheurs veulent plus souvent qu’avant ramener leurs prises à la maison et les dons de poulamons remis annuellement à Moisson Mauricie et Centre-du-Québec sont en déclin, constate la responsable de communications chez Moisson MCQ, Geneviève Marchand.

Cette dernière ne s’en offusque toutefois pas. «C’est tant mieux de constater que les gens ont intégré le poulamon dans leur alimentation», dit-elle, heureuse que les pourvoyeurs aient toujours une pensée quand même pour son organisme lorsqu’il y a des surplus.

Selon Mme Marchand, les dons en poulamons de la rivière Sainte-Anne ont commencé à arriver à Moisson MCQ il y a une douzaine d’années. Avec ses camions réfrigérés, Moisson arrive à rapporter à Trois-Rivières les prises dont personne ne veut, d’où elles sont ensuite distribuées équitablement entre les organismes, tablées populaires et personnes dans le besoin.

Sur le site web du Festival, on trouve plusieurs recettes des chefs Fred Chappuis et Dany Willard réalisables à partir du poulamon: filets de poulamons à la coriandre et à l’ail, fish and chips à la Maudite, polpettone et croquettes de poulamons de même qu’une vidéo grâce à laquelle on apprend la meilleure technique pour retirer la chair, la peau et les arêtes de ce poisson. Tout cela a de quoi stimuler la popularité d’une ressource que l’on considérait, jusque là, comme un amusement plutôt que comme une source de plaisirs gastronomiques.

Des ateliers culinaires et dégustations du poulamon sont maintenant organisés tout au long du festival.


« C’est tant mieux de constater que les gens ont intégré le poulamon dans leur alimentation »
Geneviève Marchand, responsable de communications chez Moisson MCQ

Le porte-parole de l’Association des pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne, Steve Massicotte, indique que le week-end passé, pas moins de 300 bouchées de poulamons ont été servies au public qui a tout simplement adoré.

«C’est un produit local», rappelle-t-il, qui vient d’une eau saine. «L’eau de la rivière est si claire qu’on y voit souvent des lunettes tombées dans le fond à six pieds de profondeur», raconte-t-il.

Personne, ni le Festival, ni Moisson MCQ ne connaît la quantité de petits poissons des chenaux qui nourrissent chaque année les personnes moins bien nanties. Chaque année, toutefois, cette manne revient pour le plus grand plaisir de tous.

Le deuxième week-end du Festival des petits poissons des chenaux qui s’amorce comportera une nouveauté, cette année, soit des vols captifs en montgolfière, signale au passage Steve Massicotte. Cette activité se déroulera samedi, de 13 h à 16 h et permettra aux visiteurs de profiter d’une vue imprenable sur le village de pêche. Le Festival s’attend à ce que les participants partagent de magnifiques photos, d’autant plus qu’Environnement Canada annonce du beau temps, après la tempête de jeudi et vendredi sur la région.

Parmi les autres activités au programme du week-end des 8 et 9 février, on prévoit une prestation de Yan Boissonnault, samedi, à 13 h, à la Place Desjardins. Francis Pelletier animera la foule samedi et dimanche, dès 13 h à la Place du festival. Dimanche, ce sera au tour d’André Thériault de mettre de l’ambiance musicale à la Place Desjardins en formule «bord du feu».

Pour les enfants, il y a encore la mini-ferme des Petits Cowboys de même que le Carrousel de poney.