Le phoque retrouvé mort samedi, à Yamachiche, est un phoque à capuchon.

La carcasse envoyée au site d’enfouissement

TROIS-RIVIÈRES — La carcasse du phoque retrouvé mort, samedi, aux abords du lac Saint-Pierre à Yamachiche, aura finalement été récupérée par la Municipalité lundi.

La Municipalité de Yamachiche a communiqué avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, lundi, pour décider de ce qu’il adviendrait de la carcasse de l’animal retrouvé samedi. Selon le maire de Yamachiche, Paul Carbonneau, récupérer la carcasse n’est pas la responsabilité du ministère, ni celle de la municipalité. «Ils [le ministère] nous ont dit que ce n’était pas dans leur champ de compétence. Ce n’est pas dans nos tâches non plus. On va s’en occuper pour rendre service aux citoyens et on va l’envoyer au site d’enfouissement», a-t-il confirmé.

Comme la carcasse de l’animal sera directement envoyée au site d’enfouissement après avoir été récupérée, aucune autopsie ne sera pratiquée sur celui-ci. «Aucune autopsie n’est pratiquée sur la plupart des carcasses de mammifères marins qu’on retrouve, c’est beaucoup trop coûteux et ça demande beaucoup de temps», a mentionné la responsable des communications du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins, Marie-Ève Muller. Elle ajoute qu’il est d’autant plus difficile de pratiquer ce genre d’intervention quand la décomposition de l’animal a déjà été amorcée. «La décomposition sur ce type d’animal se fait très rapidement, ce qui fait en sorte qu’on ne peut pas avoir toutes les informations pour déterminer les causes de sa mort. On continue de sensibiliser les gens pour les protéger.»

Pas celui aperçu récemment

L’équipe de vétérinaires a toutefois déterminé l’espèce de ce dernier comme étant un phoque à capuchon juvénile mesurant plus d’un mètre. Selon Pêches et Océans Canada, le phoque à capuchon est une espèce qui vit uniquement «dans l’aire de répartition de la partie centrale et nord-ouest de l’Atlantique, soit du Svalbard à l’est [près de la Norvège] au golfe du Saint-Laurent à l’ouest».

L’animal retrouvé samedi ne serait pas celui qui aurait été aperçu il y a quelques semaines près de la marina de Trois-Rivières et à d’autres endroits en Mauricie. L’organisme Urgences mammifères marins auraient plutôt reçu des signalements au sujet d’un phoque barbu.

La propriétaire de Zoo Académie de Nicolet, Jacinthe Bouchard, est convaincue que l’animal s’est retrouvé dans le lac Saint-Pierre parce qu’il s’est perdu. «C’est très surprenant qu’un phoque à capuchon se retrouve ici, c’est sûr qu’il a été abandonné par la mer, mentionne-t-elle. Il aurait dû être capturé et les intervenants auraient dû me l’apporter pour que je fasses des tests dessus. J’ai quatre espaces disponibles pour accueillir des phoques. Ce n’est pas normal qu’il se retrouve ici. Je me serais arrangée pour qu’il vive encore et on l’aurait retourné par bateau près de la Gaspésie.»

Selon les informations du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) datant de 1986, le phoque à capuchon ne serait pas une espèce en péril, comme le confirme également le GREMM. «Selon la loi sur les espèces en péril, ce n’est pas une espèce en voie de disparition. Même s’il est pas dans son aire habituelle, la situation n’est pas problématique», a soutenu Mme Muller.

Un animal est considéré comme étant en péril selon plusieurs critères établis par le COSEPAC, telle qu’une documentation suffisante sur l’animal qui permettrait ainsi de procéder à son évaluation.