François Legault et Marie-Louise Tardif

La CAQ mise sur Tardif dans Laviolette-Saint-Maurice

SHAWINIGAN — La Coalition avenir Québec a-t-elle trouvé la perle rare qui réussira à battre la ministre Julie Boulet dans Laviolette - Saint-Maurice le soir du 1er octobre? En début d’après-midi mercredi, le chef François Legault s’est déplacé à Espace Shawinigan pour y présenter officiellement sa candidate pressentie depuis plusieurs mois, Marie-Louise Tardif.

La directrice générale du Parc de l’Île-Melville portera les espoirs de cette formation pour venir à bout de la populaire députée de Laviolette, le choix du premier ministre Philippe Couillard pour représenter les libéraux lors de la prochaine campagne électorale dans le nouveau comté fusionné. Mme Boulet n’a jamais perdu une élection avec le PLQ, alors que la CAQ profite d’un vent de dos depuis le début de l’automne dans les sondages. Cette bataille sera donc suivie de très près.
D’ailleurs, lors de cette conférence d’information, les journalistes étaient particulièrement intéressés à sentir comment Mme Tardif envisageait le défi de détrôner une femme qui s’est relevée de plusieurs tempêtes depuis sa première élection en octobre 2001, dont celle de la Commission Charbonneau.
«Je ne m’en vais pas à la guerre», prévient tout de suite la candidate de la CAQ.
«Je veux offrir mes services aux citoyens. Les gens qui me suivent depuis une douzaine d’années me connaissent comme une gestionnaire d’entreprise. J’ai relevé un défi; mon conseil d’administration et la Ville m’ont fait confiance. J’ai à offrir mon dynamisme, mes connaissances, mes compétences et l’équipe. Mme Boulet est une dame extraordinaire, mais elle n’est malheureusement
pas dans le bon parti! Les gens ont hâte et ont besoin de changement.»
Compte tenu de la position de la CAQ dans les sondages, François Legault convient qu’une attention particulière a été portée à la sélection de la personne susceptible de relever le défi dans Laviolette - Saint-Maurice. Plus que jamais, il croit que Julie Boulet peut être battue.
«Selon ce que montrent nos sondages actuellement, c’est une course serrée», commente-t-il. «C’est sûr que les trois autres comtés (en Mauricie) sont, d’une certaine façon, plus faciles à gagner pour nous. Mais Laviolette - Saint-Maurice, c’est serré et nous allons gagner ce comté.»
Autant le chef que sa candidate demeurent très prudents lorsqu’ils parlent de Mme Boulet. Les propos sont empreints de respect pour ses longues années de service, mais même temps, ils sont convaincus que les électeurs sont prêts pour un nouveau visage.
«Je vais lui souhaiter bonne chance, mais je sais que les gens vont voter pour l’équipe de la CAQ», prédit Mme Tardif.
La candidate a donné un échantillon de sa fougue lors d’un échange avec une journaliste qui voulait savoir si elle reconnaissait les efforts réalisés par la Ville de Shawinigan en innovation et par ricochet, le rôle joué par la ministre responsable de la Mauricie dans ce virage. Flairant un piège, Mme Tardif a soumis qu’elle venait de répondre à une interrogation sur Mme Boulet et non sur la Ville de Shawinigan.
«Vous déviez votre question, ma belle dame...», a-t-elle glissé à la journaliste.
M. Legault est alors intervenu pour permettre à sa recrue de reprendre son souffle.
«Tout le monde va reconnaître que Julie Boulet est proche de ses citoyens», concède-t-il. «Par contre, à un moment donné, il faut regarder le bilan. En Mauricie, au cours de la dernière année, il y a eu une perte de 5400 emplois (entre février 2017 et février 2018). Depuis quinze ans, il y a des pertes d’emplois. Alors que les autres régions prospèrent, le gouvernement libéral n’a pas choisi de mettre les fonds de développement suffisants pour attirer des investissements en Mauricie. Le bilan est négatif.»
Au cours de son allocution, Mme Tardif a réalisé un survol assez général de ses priorités, soit les ressources naturelles, l’agriculture, la rivière Saint-Maurice, l’économie régionale, le système de santé et l’enjeu démographique.
Après un essai infructueux comme conseillère municipale en 2009 dans le district Val-Mauricie, la mère de trois enfants tente le saut en politique provinciale. Elle continuera à assumer ses fonctions au Parc de l’Île-Melville jusqu’au déclenchement de la campagne.
À venir
M. Legault a profité de l’occasion pour saluer l’implication du député André Spénard, qui a décidé de ne pas solliciter un nouveau mandat dans Beauce-Nord. Le chef n’a pas exclu que d’autres membres de sa formation soient en réflexion, «pour des raisons totalement personnelles».
Dans la région, les candidatures des avocats Sonia Lebel et de Jean Boulet circulent toujours pour les comtés de Champlain et de Trois-Rivières respectivement. Dans Maskinongé, personne ne se démarque pour le moment.
À part sourire à belles dents en entendant ces noms, M. Legault n’a donné aucun indice sur la crédibilité de ces rumeurs.
«Je vais revenir vous voir», assure-t-il. «Nous comptons bien prendre les quatre comtés de la Mauricie. Des choix sont pas mal arrêtés et d’autres sont en discussion.»