La campagne de financement du Havre rapporte plus de 1,2 million $

La première campagne majeure de financement de la Fondation du centre Le Havre a dépassé son objectif de 1 million $ pour atteindre jusqu'à maintenant 1 207 592 $ en promesses de don, dont un quart a déjà été encaissé.
Au cabinet de campagne, inutile de dire qu'on est fier de cette réussite. «Cette campagne de financement a permis de faire connaître le centre Le Havre, autant chez les gens d'affaires que dans le grand public. C'est donc un succès qui est assez fantastique compte tenu de la petite équipe qui a travaillé pour la Fondation», a souligné Sylvain Tessier, vice-président de la Fondation, mardi en conférence de presse.
Directeur général du centre, Michel Simard, s'est rappelé les premières discussions au sujet d'une campagne majeure de financement. «Lorsque Jean-Robert Nolet de BMP stratégie a lancé l'idée de ramasser 1 million $, je me rappelle qu'autour de la table, personne y croyait, y compris moi-même. Le chiffre le plus optimiste que j'ai entendu était 200 000 $. On est parti de là», a-t-il raconté.
Il a signalé que le recours aux services du Havre ont grandement augmenté depuis le début du millénaire.
«En 2000, on a eu 445 demandes d'hébergement d'urgence: c'était beaucoup. En 2011, il y en a eu 1255, et on a eu 260 refus, faute de place, durant l'année. On était vraiment dans une impasse. C'est très difficile de refuser des gens qui n'ont pas d'endroit où aller et qui sont parfois très malades. On a encore des gens qui dorment dehors. J'ai une dame qui dort dehors depuis maintenant quatre ou cinq mois. Il fait encore très froid et elle est très malade. On est confronté à des situations très difficiles», a-t-il témoigné.
Devant la gravité de la situation, mais grâce à la récolte de la campagne de financement, des priorités ont été ciblées, comme consolider le service d'hébergement d'urgence.
«On a des employés qui sont réellement sous-payés. On est chanceux car on a une équipe d'intervention dont les membres sont là depuis longtemps. Mais il va falloir les remplacer et être capable de payer nos employés pour qu'ils restent, car on a la conviction que l'avenir vers lequel on se dirige ne sera pas facile», témoigne M. Simard.
Autre besoin: se munir de portes de sortie. Le d.g. compare Le Havre à une salle d'urgence d'hôpital qui déborde.
«Quand il y a beaucoup de monde sur les civières et que ça s'accumule, et qu'on n'a pas de place en hébergement pour les personnes, les unités de soins sont engorgées: donc, ça congestionne complètement. Et nous, on vit cela. On croit que la réponse ne réside pas dans l'ajout d'un étage de lits d'urgence mais dans la création de portes de sortie pour les gens», illustre M. Simard.
Dans cette optique, on a développé de l'hébergement transitoire en faisant l'acquisition d'une maison sur la rue Laviolette qui compte 23 chambres et où on accueille des gens avec des problèmes chroniques.
«On est dans une société qui veut que les gens guérissent et se rétablissent très rapidement. C'est très agréable quand ça fonctionne. Mais qu'est-ce qu'on fait avec les gens qui ne guérissent pas?», demande-t-il.
Note encourageante, il fait savoir que «les demandes d'hébergement ont commencé à diminuer depuis 2012 et particulièrement en 2013. «Et cette année (2014), on commence à désengorger l'urgence», constate le d.g. du centre Le Havre.
Le public et les gens d'affaires peuvent toujours faire parvenir leur don à la Fondation. «Ce n'est pas un chiffre final et je pense qu'il y a encore des possibilités qu'il augmente», entrevoit Pierre Saint-Arnaud, président d'honneur de la campagne.