Les conseillers municipaux Guy Laplante et François Baugée ont fait le point sur la situation à La Bostonnais.
Les conseillers municipaux Guy Laplante et François Baugée ont fait le point sur la situation à La Bostonnais.

La Bostonnais: «Qu’il assume ses choix et qu’il arrête de nous accuser»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Bostonnais — Les conseillers municipaux de La Bostonnais, François Baugée et Guy Laplante, n’ont pas apprécié les propos du maire démissionnaire Michel Sylvain. Ils refusent de prendre le blâme et souhaitent donner leur vision sur la situation.

«Il est temps pour moi de répondre aux accusations éhontées du maire qui nous accuse M. Laplante et moi-même d’être la cause de sa démission ainsi que de la démission de la directrice générale», écrit François Baugée dans une longue lettre d’explications destinée aux citoyens.

«Ce n’est pas le cas, et moi j’ai un problème avec ça. […] Qu’il assume ses choix et qu’il arrête de nous accuser», ajoute Guy Laplante.

La bisbille au sein du conseil ne date pas d’hier selon eux. Ils assurent que le climat à l’hôtel de ville était loin d’être sain. Les deux élus affirment même qu’il régnait un climat de terreur pour certains employés.

L’ex-maire de La Bostonnais, Michel Sylvain, s’est dit victime de «courriels hargneux» lors de sa démission. Il a indiqué en recevoir parfois jusqu’à 20 par semaines.

«J’aimerais ça qu’il les montre ces courriels-là. On a envoyé des courriels, oui, mais c’est complètement faux de dire que c’était 20 par semaine. […] Il n’y a jamais eu de hargne là-dedans non plus. Ces accusations sont inacceptables. Il a pris la décision de démissionner, qu’il assume sa décision et qu’il n’essaie pas de blâmer tout le monde et de diviser le village», lance Guy Laplante.

Ce n’est pas tout, les deux élus estiment qu’une autre raison se cache derrière le départ précipité du maire alors qu’il ne restait que quelques mois à son mandat.

«Il nous accuse et nous met responsable de sa fuite en laissant derrière lui trois gros dossiers qui vont peut-être engendrer des coûts juridiques pour les citoyens. […] Il quitte le navire sachant qu’il y a eu des erreurs de faites dans ces dossiers et qu’il ne veut pas l’admettre. On a essayé de prévenir, de dialoguer, de donner nos arguments, mais nos arguments ne lui plaisaient pas. De toute façon, on était déjà exclus. Nous étions les deux moutons noirs du conseil», explique François Baugée dans sa lettre adressée aux citoyens.

Les deux conseillers affirment également qu’il y avait un manque de transparence et que les informations, pour celles qui se rendaient à eux, étaient insuffisantes.

«Quand on arrive en réunion, tout a été fait d’avance. Tu as juste à dire oui et à ne pas poser de questions. Il ne fallait pas le contredire», déplore M. Baugée.

François Baugée ne s’en cache pas, il a cru en 2017 que Michel Sylvain était l’homme de la situation pendant un an.

«Ç’a vite changé, il est devenu contrôlant, dictateur…», poursuit-il.

Depuis son élection en 2017, M. Baugée a présenté 17 projets. Il déplore qu’un seul ait été retenu et qu’il ne soit toujours pas complété à ce jour.

«J’ai attendu 22 mois pour 4 pancartes, 22 mois. Une seule a été posée à ce jour», raconte-t-il.

Pas question pour les deux conseillers de quitter leurs fonctions. Ils veulent terminer leur mandat «avec respect, honnêteté, intégrité, loyauté et transparence».

«C’est le code d’honneur qu’on s’est donné, lui il a agi en fonction de son ego et de la gloire», lancent les deux hommes.

Guy Laplante l’avoue toutefois, ce climat de tension a de quoi décourager les envies de faire de la politique.

«J’en ai passé des nuits blanches, je ne pensais jamais que ça pouvait être aussi dur […] Je demeure là quand même, parce que je veux continuer de faire avancer mon village. Je suis désillusionné devant du monde comme ça qui ne veulent pas voir qu’on peut être proactif et faire des choses pour embellir notre village», note-t-il.

François Baugée veut également, malgré toute la bisbille, continuer de travailler pour les citoyens.

«Je souhaite que dans un avenir rapproché il soit possible que la politique municipale soit dépourvue d’individus qui voient uniquement à leurs intérêts et à leur ego», a-t-il indiqué.

La directrice générale de La Bostonnais, Michelle Cantin, n’a pas souhaité émettre de commentaires sur le climat de travail.