La béquille... du cycliste

Tous ceux et celles qui ont fait du vélo sérieusement, en Mauricie, connaissent Pierre Lacroix. Ce passionné est presque de tous les événements cyclistes et l’on peut dire sans hésiter qu’il est aux cyclistes ce que la béquille est au vélo. Il soutient, entoure, organise, prévoit, conseille, encourage et prépare les participants, bref il est un appui indispensable aux cyclistes dans plusieurs événements majeurs.

Pour le mouvement Les Roses, il est entraîneur ou plutôt «encadreur», précise-t-il. «J’appuie moralement les femmes qui prennent part à cet événement. Je leur donne des trucs. Je les encourage à relever ce défi un kilomètre à la fois», dit-il.

Sa vaste expérience dans ce sport sur deux roues est rassurante pour ces néophytes qui ont souvent tout à apprendre avant de se lancer à vive allure dans les côtes. Elles veulent savoir quels vêtements porter, quels aliments prendre avant ou après l’exercice et quoi boire. «Elles partent de zéro», fait-il remarquer.

«L’appui moral est aussi important. Il y a beaucoup de côtes à franchir», rappelle-t-il. Bref, le défi peut sembler insurmontable pour certaines de ces femmes qui n’ont jamais fait de sport. «Souvent, on voit beaucoup d’anxiété», confie-t-il.

Il faut donc leur parler de celles qui ont réussi le défi l’année précédente, explique-t-il.

Comment ne pas apprendre à aimer le vélo avec un tel encadreur? C’est que Pierre Lacroix se plaît autant à se défoncer à 40 kilomètres à l’heure qu’à admirer les paysages à un rythme touristique de 20 km/h. Il peut aussi se taper l’équivalent de six heures d’ascension dans les côtes abruptes du Vermont, même en pleine canicule. Il faut dire que sa conjointe, Chantal Gagnon, qui travaille chez Vélo Québec, le soutient dans ses parcours, ce qu’il ne manque pas de souligner.

Cet informaticien retraité de 53 ans pratique presque tous les sports de plein air. Pour lui, faire du sport, c’est vivre mieux et plus en santé, et ce, espère-t-il, jusqu’à un âge avancé. La personne qui l’inspire le plus, à cet effet, c’est le cycliste Médard Martin. L’homme de 80 ans n’est jamais en queue de peloton dans les sorties de groupe. Même si Pierre Lacroix s’accorde souvent des escapades de 100 kilomètres sur son fidèle vélo, «il faut connaître ses limites», fait-il valoir. Pour lui, pas de compétitions extrêmes du genre Ironman. L’idée, dit-il, c’est d’abord de faire du bien à son corps pour avancer en âge le plus en santé possible.

Pierre Lacroix s’occupe aussi, depuis 4 ans, de la logistique de ravitaillement des Défis du Parc. La coordonnatrice, Marie-Josée Gervais et lui se connaissent bien et Pierre Lacroix était de toute évidence l’homme de la situation pour l’organisation.

Entre 2008 et 2012, il a été membre du conseil d’administration, du Club cyclique Mauricie, dont quatre ans à la présidence, qu’il vient à peine de quitter à cause de ses trop nombreuses occupations, dont celle de profiter un peu de la vie et de son sport favori.

On lui a notamment demandé de mettre sur pied la 3e édition de la randonnée-bénéfice Bâton ou guidon?, le 15 août, au profit de la Fondation régionale de la santé. Entre 30 et 40 personnes y prennent part chaque année. «On espère augmenter le nombre de participants», dit-il.

«Quand tu organises des choses, les gens finissent par te connaître», fait-il valoir. C’est pourquoi Pierre Lacroix, qui ne dit jamais non quand vient le temps de promouvoir le cyclisme, a aussi encadré la Virée du maire, à Shawinigan, la Tournée des clochers et même un circuit cycliste pour l’ABI de Bécancour.

La passion de ce cycliste invétéré est en train de prendre une tournure inattendue. Pierre Lacroix a en effet créé un organisme sans but lucratif, Voyage Lacroix Vélo, pour organiser des randonnées un peu partout dans le monde. La Provence et la Côte d’Azur ont fait partie, jusqu’à présent, de ses destinations privilégiées.