L’éclat du mur de l’ancienne Belgo a causé des dommages au haut du pare-brise d’Audrey Sanscartier, samedi dernier.
L’éclat du mur de l’ancienne Belgo a causé des dommages au haut du pare-brise d’Audrey Sanscartier, samedi dernier.

La Belgo perd un autre morceau

SHAWINIGAN — En revenant de son quart de travail le 16 mai, Audrey Sanscartier a été accueillie par un morceau de pierre sur la partie supérieure de son pare-brise, à la hauteur de l’ancienne Belgo qui longe le boulevard Pie-XII. Ce deuxième épisode semblable en moins d’un an rend furieux le maire de Shawinigan, qui se demande ce que le gouvernement du Québec attend pour démolir ce mur.

La jeune femme était presque rendue chez elle lorsqu’un bruit d’éclat l’a fait sursauter.

«Je travaille de nuit et sur mon chemin du retour, en passant à côté de la Belgo, j’ai entendu un gros paf!», raconte Mme Sanscartier. «J’ai fait un méchant saut. Je ne savais pas d’où ça venait, mais j’imagine que ça provenait du toit. Ça a fait tout un éclat dans ma vitre.»

Mme Sanscartier a évidemment ralenti sur le coup, mais elle a poursuivi sa route jusque chez elle. Avec le recul, elle se considère chanceuse de n’avoir rencontré aucun véhicule en sens inverse à ce moment.

Elle estime que l’incident s’est produit vers 9 h 30 samedi dernier. Elle précise également qu’elle ne suivait personne, excluant ainsi l’hypothèse d’un caillou projeté dans sa direction par un véhicule qui la précédait.

«Je pense à une personne plus âgée ou quelqu’un qui conduit depuis peu de temps, on peut freiner vraiment vite et quelqu’un peut nous rentrer dedans!», illustre-t-elle. «Déjà que ça fait du bruit quand on reçoit une petite roche dans le pare-brise. Là, c’était plus gros. J’ai vraiment été surprise et ça aurait pu être dangereux.»

Mme Sanscartier a communiqué avec la Ville de Shawinigan pour partager cette mésaventure et savoir si un recours pouvait être envisagé. Mis au courant de cet incident, Michel Angers a vu rouge.

Rappelons qu’il s’agit d’une deuxième mésaventure semblable dans l’environnement de l’ancienne usine Belgo. La première s’était produite le 25 juillet dernier, alors qu’un automobiliste de Saint-Tite avait connu la même déveine.

Une mise en demeure avait été envoyée à la Ville de Shawinigan cinq jours plus tard. En octobre, l’automobiliste avait transmis une réclamation de près de 5400 $. La Ville nie toute responsabilité et a référé le citoyen au ministère des Transports, responsable de l’entretien de ce mur. Les travaux printaniers ont d’ailleurs débuté cette semaine.

Audrey Sanscartier craint pour la sécurité des automobilistes qui circulent sur le boulevard Pie-XII à Shawinigan, où le mur de l’ancienne usine Belgo longe la voie.

«Le ministère a dépensé de l’argent, l’automne dernier, pour enlever des briques et des fenêtres», récapitule M. Angers. «Au printemps, on refait la même affaire. Pourquoi dépense-t-on cet argent? Pourquoi ne prend-on pas une journée pour démolir ce mur? Est-ce qu’il y a une raison qui explique qu’on ne veuille pas le démolir?»

En principe, cette étape doit survenir après un nouvel appel d’offres du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Des travailleurs ont commencé à s’installer pour compléter la disposition des matières résiduelles qui inondent le site depuis tant d’années.

L’entreprise Sanexen doit reprendre les travaux au cours de la prochaine semaine. Ces manoeuvres ne comprennent toutefois pas la démolition du fameux mur.

«Ailleurs, ça peut toujours aller comme séquence», explique le maire de Shawinigan. «Mais dans le contexte actuel, va-t-on attendre qu’une autre brique ou autre chose tombe sur une voiture et qu’on ait un accident, des blessures graves ou pire encore? Je suis sans voix devant cette situation.»

«C’est une question de sécurité pour les automobilistes qui circulent par là», insiste-t-il. «Je trouve inadmissible qu’on laisse ce mur en place et qu’on s’assure simplement que des briques ne tombent pas, alors qu’on pourrait prendre cet argent pour se payer un bélier mécanique et casser tout ça. Mais on attend, on attend et on attend encore. C’est très dangereux de laisser cette situation comme ça.»

La direction régionale du ministère des Transports refuse toujours de partager les conclusions de la première analyse du mur réalisée l’automne dernier, à la suite du premier incident.

«Nous sommes toujours en analyse des recommandations du rapport préliminaire déposé par l’expert externe», indique Roxanne Pellerin, porte-parole régionale au MTQ. «Le ministère analyse ses options en ce moment.»

Détour

Jeudi, le pare-brise du véhicule de Mme Sanscartier n’était toujours pas réparé, mais la Shawiniganaise ne voulait plus trop retarder pour éviter que la vitre se fissure davantage.

Méfiante depuis cet incident, Mme Sanscartier privilégie de plus en plus la rue Trudel afin d’éviter les vestiges de l’ancienne papeterie.

«Je ne suis pas la seule à qui ça peut arriver», fait-elle remarquer. «C’est quand même assez vieux, comme bâtisse!»