L’ancienne numéro un du tennis Justine Hénin, a appris à faire du papier à Boréalis lundi alors qu’elle accompagnait un groupe de 17 enfants belges atteints de cancer en visite au Québec grâce à sa fondation Justine for Kids.

Justine Hénin: le bonheur de redonner

Trois-Rivières — Boréalis a été l’hôte d’une visite très prestigieuse lundi après-midi alors que l’ex-numéro un mondiale du tennis féminin, la Belge Justine Hénin a visité le musée trifluvien en compagnie de 17 enfants âgés entre 5 et 17 ans, bénéficiaires des services de sa fondation qui porte le nom de Justine for Kids. Il s’agissait d’une escale dans le cadre d’un voyage de deux semaines que ce groupe d’enfants atteints de cancer effectue au Québec.

Le choix de la destination n’est pas pur hasard puisque Justine Hénin connaît bien le Québec pour y être venue souvent. Pas seulement comme joueuse professionnelle mais dans un contexte familial puisqu’un de ses oncles habite Montréal. «Nous sommes venus quelques fois étant petits mais on est revenus plus récemment en famille il y a quatre ans et encore il y a deux ans. Pour moi, le Québec est synonyme de magnifiques souvenirs et ça reste un endroit où j’aime venir, soutenait-elle en entrevue. Quand j’étais petite, pour moi, c’était la grande aventure! J’adore cette nature, les grands espaces et c’est un aspect que je suis heureuse de faire découvrir à ces enfants qui l’apprécient vraiment.»

L’association Justine for Kids a été créée par la joueuse de tennis il y a dix ans alors qu’elle était au sommet du tennis féminin mondial. «J’ai perdu ma mère par le cancer alors que j’avais douze ans et ça m’a évidemment profondément marquée. Quand je suis devenue numéro un mondiale, je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose de tout ça. Les enfants malades, ça s’est imposé comme une évidence parce que j’ai côtoyé la maladie et parce que j’adore les enfants depuis toujours bien avant d’en avoir moi-même. Je trouve qu’il n’y a pas de plus grande injustice qu’un enfant qui tombe malade ou qui souffre d’un handicap. On a donc construit l’association petit à petit et dans les deux ou trois dernières années, elle a beaucoup grandi. On travaille présentement à mettre sur pied une maison de répit en Belgique où on pourra accueillir des enfants malades pendant quelques jours pour permettre aux parents de se reposer un petit peu.»

Présidente de Justine for Kids, l’ex-souveraine des courts s’implique très concrètement dans l’oeuvre caritative qui rejoint près de 1000 enfants en Belgique à travers de nombreux événements présentés à longueur d’année. «Je mène d’autres projets comme une académie de tennis et du coaching parce que j’ai besoin de mener plusieurs projets de front mais je m’implique dans Justine for Kids sur une base véritablement quotidienne; je suis présente à toutes les activités. J’ai une très belle équipe autour de moi, formée en grande majorité de bénévoles puisque je n’ai que deux personnes employées par l’association. On organise tout nous-mêmes.»

«Vous savez, on ne change pas le monde mais les enfants en retirent assurément quelque chose: ils rentrent de nos voyages un petit peu différents comme nous, les adultes. Plusieurs des enfants se sont déjà côtoyés à l’hôpital et, mine de rien, pendant le voyage, ils échangent très librement sur leur maladie, ce qui aide à la dédramatiser. Également, on constate un détachement de leur part parce que la plupart sont en rémission. On les sent tournés vers l’avenir. Ils ont démarré leur vie d’une façon qu’on ne souhaite à personne et quand on peut se dire qu’on leur a apporté un peu de bonheur, c’est beaucoup.»

Loin de l’énorme pression du sport professionnel, Justine Hénin apparaît épanouie, heureuse. «Ma vie a beaucoup changé depuis ma retraite du tennis. La vie de sportive professionnelle est faite de hauts et de bas, de voyages incessants. Cette implication permet de me poser, d’avoir accès à un bonheur plus profond et constant, je dirais. M’occuper de l’association, c’est un choix et c’est juste du plaisir. Il y a des difficultés, bien sûr, mais je n’ai jamais vu ça comme un travail. »

«Je ne vis plus très bien la pression parce que je l’ai tellement connue étant joueuse mais ici, il n’y a pas de pression. Il y a des responsabilités: on fait tout ce qu’on peut pour que les enfants soient bien, l’espace de quinze jours. Juste ça, c’est un puissant moteur.»

«J’ai eu beaucoup de choses à prouver au cours de ma carrière; ici, je n’ai plus rien à prouver. J’y trouve de plus en plus de satisfaction et de bonheur. J’implique mes propres enfants comme ma fille de cinq ans qui nous accompagne dans ce voyage. Je veux qu’elle soit en contact avec ce combat de la vie. Les enfants que nous aidons sont de magnifiques exemples de courage et de détermination et c’est quelque chose que je veux partager avec mes propres enfants.»