William Labranche fait face à une trentaine de chefs d'accusation pour des agressions sexuelles.

William Labranche: un adepte du sadomasochisme et du fétichisme

«Je me sens dégradée. Je ne comprends pas comment un être humain peut faire ça à un autre être humain.»
Au deuxième jour du procès de William Labranche, cet homme accusé de 38 chefs dont agressions sexuelles sur deux femmes, l'une des plaignantes a en effet relaté la liste des sévices sexuels qu'il lui aurait infligés entre 2011 et 2014. 
Adepte du sadomasochisme et du fétichisme, le suspect, qui est maintenant âgé de 23 ans, aurait littéralement fait de la jeune femme son objet dans le cadre de leur relation amoureuse, la forçant à se soumettre à ses moindres fantasmes et perversions.
En fait, il est même difficile d'en décrire la nature exacte tant certains sont extrêmes et sordides. Elle a notamment confié au tribunal qu'«elle tentait de sortir son esprit de son corps pendant les rapports sexuels avec l'espoir de ne plus rien ressentir». 
Grand amateur de pornographie, Labranche l'aurait obligée notamment à reproduire les scènes particulièrement «hardcore» des films qu'il visionnait et surtout celles liées à la soumission.
Lors d'une soirée dans un hôtel de Québec, il lui aurait attaché les mains avec des colliers de serrage en plastique pour ensuite la laisser nue dans la chambre, les mains toujours attachées derrière elle, parce qu'elle refusait de se soumettre à sa violence excessive. Il lui aurait également inséré dans ses parties les plus intimes plusieurs objets sexuels et même de la nourriture.
Il n'aurait pas non plus hésité à la fouetter et à l'étrangler au point qu'elle en perde connaissance à une reprise. Elle aurait d'ailleurs été blessée par la violence des gestes sexuels: bleus, hématomes, saignements dans la gorge, au vagin et à l'anus. 
Labranche a en effet été décrit comme un contrôlant qui n'hésitait pas à l'intimider, la menacer et l'humilier pour parvenir à ses fins. Elle a raconté qu'il avait ainsi réussi à l'isoler complètement de sa famille et de ses amis.
Elle se devait d'être avec lui et de lui obéir en tout temps. Même lorsqu'elle allait travailler, elle devait toujours répondre à ses textos dans la minute suivante. Et lorsqu'elle revenait à son domicile, il se serait permis de fouiller ses parties génitales pour savoir si elle avait un amant.
Selon la jeune femme, Labranche était très irrespectueux envers les femmes. «Il considérait qu'elles étaient toutes des salopes qui méritaient de se plier aux désirs des hommes», a-t-elle mentionné.
Il l'aurait ainsi obligée à cesser de prendre la pilule anticonceptionnelle pour avoir un plus grand contrôle sur elle. Toujours selon ses dires, il refusait de faire le ménage ou la cuisine sous prétexte qu'il n'avait pas de «tétons», pour citer le terme qu'elle a employé en cour.
Et pourtant, elle a rappelé qu'elle était celle qui payait toutes les dépenses courantes comme l'épicerie, l'alcool, les activités, les loisirs. Son salaire et toutes ses économies y auraient d'ailleurs passé.
Outre des accusations liées aux agressions sexuelles, aux voies de fait, aux menaces et aux séquestrations, Labranche fait aussi face à des chefs de trafic de drogue. C'est d'ailleurs lui qui, toujours selon la plaignante, l'aurait forcée à en prendre. Elle aurait ainsi consommé avec lui de la cocaïne, du pot, des speeds, de l'ectasy, de la kétamine, de l'acide et du GHB.
Même autour de lui, il exerçait selon elle un régime de terreur. Un ami et voisin lui serait venu en aide à une occasion.
«Il a essayé de faire un geste gentil avec moi, mais il s'est fait violenter. Moi, je me sentais de plus en plus seule. Si j'acceptais de l'aide, c'est sûr qu'il allait arriver quelque chose à cette personne», a-t-elle confié. 
Elle aura donc fini par se convaincre qu'elle devait mettre en place un plan pour pouvoir le quitter sans l'aide de l'extérieur. «Je me sentais comme un déchet, comme une hypocrite. Ça aurait tellement dévasté ma mère d'apprendre qu'elle n'avait pas pu aider sa petite fille», a-t-elle déclaré, avouant du même coup avoir pensé à mourir à quelques reprises et s'être automutilée. 
En 2013, après avoir découvert que Labranche avait couché avec une autre fille, elle aurait alors trouvé la force de le quitter et d'aller vivre dans un nouvel appartement. Or, il se serait malgré tout introduit par effraction chez elle pour tout saccager.
Son témoignage va se poursuivre mercredi. L'autre présumée victime devrait également être appelée à la barre des témoins au cours de ce procès.