William Labranche

William Labranche témoigne pour sa défense

Dans le cadre de sa défense, William Labranche a non seulement nié avoir agressé sexuellement et violenté sa première présumée victime, mais il prétend aussi que celle-ci était consentante et qu'elle y prenait du plaisir.
Des enregistrements vidéo captés par les caméras de surveillance du restaurant Tim Hortons (au coin du boulevard Thibeau et de la rue du Parc à Trois-Rivières) en lien avec une agression survenue le 20 avril 2015 ont été déposés en preuve au procès de William Labranche.
On se rappellera que lors de son témoignage au début du mois, cette dernière avait raconté à quel point elle avait vécu un enfer avec cet homme dans le cadre d'une relation marquée par le contrôle et la domination, décrivant plusieurs relations sexuelles violentes dont certaines qui lui avaient causé des blessures aux parties génitales, dans la gorge et à plusieurs autres endroits sur le corps. 
Or, l'individu de 24 ans, qui est défendu par Me Pénélope Provencher, a raconté, mardi, que la femme qu'il avait fréquentée entre 2011 et 2014 était l'instigatrice de plusieurs gestes sexuels hors normes. Il a notamment précisé avoir été mal à l'aise lorsqu'elle lui avait fait sa première fellation, tant celle-ci était intense.
«Je venais d'avoir 18 ans et je ne connaissais pas ce type de relations. C'était une première expérience. Avant, les fellations pour moi étaient plus romantiques et conventionnelles», a-t-il indiqué. 
Toujours selon lui, c'est elle qui lui aurait demandé de l'étrangler au fil de leurs fréquentations amoureuses. La nature de leurs relations se serait tellement intensifiée qu'il était naturel pour eux de s'adonner au sadomasochisme en achetant entre autres un fouet et des jouets sexuels.
Or, Labranche soutient avoir utilisé le fouet une seule fois. Selon ses propres termes, il aurait trouvé cela «langoureux» et «long» pour finalement déclarer que ce n'était pas sa tasse de thé. «Elle gémissait comme si elle aimait ça», a-t-il cependant précisé. 
S'il l'a décrite comme une femme qui prenait plaisir à avoir des relations sexuelles peu conventionnelles, en aucun temps elle ne lui aurait demandé d'arrêter. Elle ne l'aurait pas non plus repoussé ou pleuré. Toujours selon lui, elle était excitée et aimait ça.
À plusieurs reprises, le prévenu s'est vanté d'avoir eu de «multiples relations qui pouvaient durer jusqu'à cinq ou six heures avec elle, et ce, tous les jours, dans toutes les positions inimaginables, dans toutes les pièces et même en pleine nature et dans les lieux publics. En riant, il s'est targué d'avoir eu des relations avec elle dans toutes les haltes routières entre Trois-Rivières et Mont-Tremblant à bord de son véhicule. 
Avec une étrange fierté, il a relaté certains gestes dégradants que cette dernière aurait initiés. «Bah! On se trouvait cochon. On s'alimentait là-dedans. On était jeune et on expérimentait», a-t-il précisé. 
Il a par ailleurs admis qu'en raison de son prétendu manque d'expérience sexuelle, il convoitait d'autres femmes pendant qu'il la fréquentait. Toujours en riant, il a parlé de l'une de ses infidélités à la suite de laquelle il était revenu à la maison avec une sucette, ce qui avait déclenché une crise. 
En contrepartie, il n'a pas accepté que lors d'une dispute, elle ait trouvé refuge chez un ami et voisin alors qu'elle n'avait même pas pu prendre ses souliers. Le lendemain, il avait d'ailleurs averti cet homme qu'il n'était pas question que sa blonde dorme chez lui. À une autre reprise, il avait défoncé la porte de son appartement après avoir découvert qu'elle s'y trouvait avec un de ses amis.
«Je n'aime pas que mes amis soient chez ma copine à cette heure de la nuit. J'ai pensé qu'elle avait été infidèle. Par contre, si cela avait été un inconnu, cela aurait été peut-être différent. S'il y a de quoi, j'aurais pu y prendre part», a-t-il lancé spontanément.
D'ailleurs, il a pris soin de mentionner qu'il avait été dépeint devant le tribunal comme un enragé et un colérique, mais à tort. «Si je me dispute avec quelqu'un, d'habitude il répond. Sinon je m'en vais», a-t-il justifié. 
Il en a profité pour écorcher au passage les médias sur l'ampleur donnée à cette affaire sous prétexte que les gens sont réticents à prendre sa défense. Son témoignage va se poursuivre mercredi. Il devrait alors porter sur la seconde présumée victime.
Justement, plus tôt en journée, Labranche a plaidé coupable à certains chefs d'accusation en lien avec les agressions physiques infligées à la seconde présumée victime le 20 avril 2015, mais uniquement celles qui avaient été filmées par une caméra de surveillance au Tim Hortons.
Il a donc admis sa culpabilité à des chefs de voie de fait causant des lésions et de séquestration. Il maintient par contre son plaidoyer de non-culpabilité sur toutes les autres agressions tant physiques que sexuelles perpétrées contre celle-ci. Il a aussi plaidé coupable à des chefs de voie de fait contre deux employées dudit commerce. Enfin, il a reconnu sa culpabilité à des chefs de trafic et de possession de cannabis aux fins de trafic.
Finalement, le juge Jacques Trudel a rejeté la preuve de faits similaires que désirait faire la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet dans cette affaire, mais uniquement sur la notion de consentement.