Marcel Boivin a plaidé coupable à l'accusation d'agression sexuelle qui pesait contre lui.

Wemotaci: Marcel Boivin plaide coupable

Un rebondissement est survenu au procès de Marcel Boivin, qui reprenait mercredi au palais de justice de La Tuque. L'ancien haut dirigeant du conseil de bande de Wemotaci a finalement plaidé coupable, plus de 30 ans après les faits, à l'accusation d'agression sexuelle qui pesait contre lui.
Marcel Boivin a également reçu sa sentence, mercredi. Il devra purger 18 mois d'emprisonnement dans la collectivité et se soumettre à une probation de deux ans. La juge Guylaine Tremblay a entériné la suggestion commune des deux avocats.
«Autant pour moi que pour la victime, la reconnaissance de culpabilité vaut beaucoup. [...] On est extrêmement content qu'il reconnaisse ses torts et de la conclusion de ce dossier-là», a commenté le procureur de la Couronne, Me Éric Thériault.
L'accusé et son complice auraient amené la victime dans un endroit isolé. Ils l'auraient alors agressée à tour de rôle. En ouverture du procès en novembre dernier, la victime avait été appelée à la barre. Elle avait raconté les événements. 
«J'étais incapable de parler, incapable de leur dire d'arrêter. En partant de là, je n'étais plus capable de me tenir la tête. [...] Je ne me sentais plus moi-même en rentrant chez nous», avait-elle raconté.
Pour en arriver à cette suggestion commune, les avocats ont tenu compte des facteurs atténuants, entre autres, le plaidoyer de culpabilité et la reconnaissance des faits, l'absence d'antécédents judiciaires, et le risque de récidive à peu près nul.
«Malgré le geste odieux, on ne peut pas nier que M. Boivin depuis plusieurs années a donné beaucoup à la communauté. On le prend aussi en considération», a souligné le procureur de la Couronne.
Puis on a pris en considération les facteurs aggravants notamment, la gravité du crime et les conséquences sur la victime. Ils étaient toutefois moins nombreux que dans le dossier du complice.
«M. Néashish (le complice) était en situation d'autorité, il avait le véhicule de police, il y avait la préméditation, ce qu'on n'a pas dans le cas de M. Boivin», a noté Me Thériault.
Marcel Boivin n'aurait pas échangé avec la victime contrairement à son complice qui l'avait menacée de ne pas parler.
Les deux avocats ont donc proposé 18 mois dans la collectivité, une sentence possible en raison des dates de l'infraction. 
Durant cette période, l'accusé sera assigné à son domicile pendant 6 mois, 24 heures sur 24. Après avoir purgé sa peine, Marcel Boivin sera soumis à une ordonnance de probation de deux ans. 
L'ancien haut dirigeant du conseil de bande de Wemotaci devra également se soumettre à la loi sur l'enregistrement des délinquants sexuels pendant 20 ans et fournir un échantillon d'ADN.
Rappelons que le complice dans cette affaire, l'ancien chef de police de Wemotaci Jean-Paul Néashish, a été trouvé coupable d'avoir, entre le 1er juin et le 1er septembre 1984, agressé sexuellement la plaignante avec la participation d'une autre personne. 
Il a également été reconnu coupable d'atteinte à la pudeur, de grossière indécence et de viol. Jean-Paul Néashish avait fait cinq victimes au total. Il a reçu sa sentence de six ans d'emprisonnement en octobre 2016.