Avik Caron

Vol de sirop d'érable: quatre ans de prison réclamés pour Avik Caron

Alors que la Couronne réclame qu'une peine de huit ans de prison et des amendes compensatoires de 4,3 millions $ soient imposées à Avik Caron en lien avec le vol de 18,7 millions $ en sirop d'érable et une fraude à la compagnie d'assurances L'Industrielle Alliance, la défense suggère plutôt une peine de quatre ans de prison.
Dans sa plaidoirie, l'avocate de Caron, Me Maria Soledad Vivas Rodriguez, estime également que la détention provisoire de son client, incarcéré depuis juin 2015, devrait être calculée en temps double. En ce sens, elle a déploré les conditions très difficiles de détention de Caron. Ce dernier prétend être confiné à sa cellule 23 heures sur 24, ne pas avoir droit à aucune activité, être confronté à de nombreux transferts et ne pas réussir à prendre plus de deux douches par semaine. 
C'est pourquoi Me Vivas estime que 40 mois de prison devraient être soustraits de sa suggestion de 48 mois. Elle propose du même coup que les huit mois de prison restants soient purgés dans la collectivité. Elle a rappelé que son client ne faisait pas partie d'une organisation criminelle reconnue avec sa structure hiérarchique, son code et ses valeurs criminelles.  
En ce qui concerne les amendes compensatoires réclamées par la Couronne (soit 3,5 millions $ en lien avec le vol de sirop d'érable et 878 114,38 $ pour une fraude à la compagnie d'assurances), elle soutient qu'aucune preuve n'a été faite à l'effet qu'il s'était bel et bien retrouvé en possession de tout cet argent. Elle a avancé un montant plausible maximum de 400 000 $. Elle estime donc qu'aucune amende ne doit lui être imposée. 
Le juge Jacques Lacoursière avait lui aussi interrogé auparavant le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, sur le montant réel qu'il avait eu en sa possession et dont il avait eu le contrôle. Il a rappelé que la jurisprudence était claire sur le sujet; certes, le crime ne paie pas mais le suspect doit avoir eu cet argent. Sur ce point, le procureur a parlé d'estimations qui ont été faites à la baisse à partir des aveux d'Avik Caron. Ce dernier avait lui-même affirmé avoir fait un profit net de 15  000 $ pour chacune des 80 cargaisons de sirop d'érable volé. Or, selon l'une des têtes dirigeantes Richard Vallières, chaque voyage rapportait environ 100 000 $.
Au niveau de la fraude à l'assurance, le montant serait de 878 000 $ à la lumière des primes vendues et résiliées.  
Le juge fera connaître la sentence le 21 avril.