Voies de fait sur sa famille: il pourrait être expulsé du pays

TROIS-RIVIÈRES — C’est le 29 octobre prochain que le juge Rosaire Larouche fera connaître la sentence qu’il imposera à ce Trifluvien d’origine africaine, reconnu coupable de gestes de violence envers son ex-conjointe et ses enfants entre décembre 2013 et février 2016.

L’une des particularités de cette cause est que si l’homme en question (dont on doit taire l’identité pour protéger celle des victimes) est condamné à une peine de six mois et plus, il risque l’expulsion du pays en raison de son statut de résidant permanent. Il perdra également son droit d’appel.

Son avocat, Me Alexandre Biron, a donc demandé qu’une peine de six mois moins un jour lui soit imposée. Au soutien de sa demande, il a invoqué comme facteur atténuant la culture du pays d’origine de son client, le Congo, où les corrections parentales seraient généralisées.

Un membre d’une communauté africaine de Trois-Rivières a d’ailleurs témoigné en ce sens. Il a notamment raconté que les différences culturelles sur les corrections parentales entraînaient des affrontements au sein des familles lorsqu’elles immigrent au Canada. Il a même annoncé que la cause de cet homme allait servir d’outil éducationnel au sein de leur communauté pour la sensibiliser sur l’illégalité de pareils gestes et sur les conséquences qui peuvent en résulter.

D’autres membres de cette communauté ont par ailleurs souligné à quel point cet homme était généreux et serviable. Une pétition a même été faite pour réclamer la clémence du juge. D’un autre côté, on a aussi pu apprendre que l’ex-conjointe n’avait pas eu droit à cette même empathie depuis le début des procédures judiciaires.

On se rappellera que lors du procès, l’homme de 58 ans avait nié en bloc la maltraitance qui lui était reprochée, parlant plutôt de son droit aux corrections parentales. Parmi les gestes perpétrés depuis son arrivée au Canada en décembre 2013, il a giflé à plusieurs reprises son ex-femme et leurs quatre enfants âgés entre 4 et 11 ans. Il a aussi utilisé une ceinture et des souliers pour les frapper, d’où un verdict de culpabilité pour des voies de fait et des voies de fait armées.

Lors de son témoignage mercredi, il a affirmé avoir entrepris une réflexion et entrepris des démarches pour avoir des contacts avec ses enfants qui refusent de le voir. Il a déclaré que c’était le plus grand choc de sa vie. «Je suis seul et abandonné!», a-t-il précisé. Il a raconté avoir souffert d’une dépression sévère pendant plusieurs mois mais que depuis, il s’est repris en main et occupe un emploi stable.

Or, très rapidement au fil des questions de la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, et du juge Larouche, on a pu apprendre qu’il se considérait toujours comme la victime d’un complot et qu’il refusait d’admettre la totalité des faits qui lui sont reprochés.

La Couronne a donc réclamé une peine variant entre 15 et 18 mois en invoquant le fait que cet homme n’avait même pas entrepris une amorce de responsabilisation.

En ce qui concerne les corrections parentales, elle a plutôt souligné que plusieurs gestes de violence avaient été commis gratuitement sans qu’il y ait un contexte pouvant nécessiter une correction. Qui plus est, elle a rappelé qu’il était bien au fait de la situation puisqu’il avait été mis en garde par la Direction de la protection de la jeunesse en 2015. Elle a aussi fait mention du mépris et du dénigrement dont il faisait preuve et du contexte de violence conjugale et de l’abus d’autorité.