Alexis Vadeboncoeur
Alexis Vadeboncoeur

Voies de fait contre une ex-conjointe: Alexis Vadeboncoeur est acquitté

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Alexis Vadeboncoeur a été acquitté des accusations portées contre lui pour des gestes de violence conjugale qui auraient été commis envers une ex-conjointe en janvier 2019.

Au terme d’un procès qui s’est tenu, mercredi, au palais de justice de Shawinigan, la juge Guylaine Tremblay a relevé tellement de contradictions dans le témoignage de la plaignante qu’elle considère «hasardeux» de fonder un verdict de culpabilité sur les faits ayant été relatés devant elle. «Ça ne veut pas dire qu’il ne s’est rien passé mais je ne peux pas me convaincre hors de tout doute raisonnable que les faits se sont déroulés de la manière qu’elle les a présentés», a-t-elle conclu.

Elle a également accordé peu de fiabilité au témoignage d’une amie de la plaignante qui aurait été témoin d’un épisode de violence. Selon elle, cette amie, dont la vulnérabilité est évidente, semble davantage être une personne qui a témoigné par sympathie, compte tenu des contradictions relevées.

Rappelons qu’en septembre 2019, de nouvelles accusations avaient été portées contre Alexis Vadeboncoeur, rendu célèbre pour l’arrestation musclée par des policiers de Trois-Rivières en 2013. On lui reprochait cette fois-ci de s’être livré à des voies de fait contre une ex-conjointe en janvier 2019. Une accusation de harcèlement avait également été déposée pour des événements survenus en juin 2019 mais celle-ci a fait l’objet d’un arrêt des procédures.

Selon la preuve de la Couronne, Vadeboncoeur aurait été assis dans son salon en train de regarder la télévision avec sa conjointe et une amie de celle-ci lorsque soudainement, sans raison, il se serait levé pour lui mettre la main autour du cou et lui cogner la tête sur le divan. «Je pensais vraiment mourir cette journée-là. Je voyais des étoiles», a d’ailleurs raconté l’ex-conjointe mercredi devant le tribunal.

Un autre épisode de violence serait également survenu lors d’une dispute où le suspect aurait suivi la présumée victime jusque dans la chambre pour lui serrer la gorge.

La plaignante a cependant porté plainte contre Alexis Vadeboncoeur plusieurs mois plus tard, soit à la mi-juillet 2019, pendant qu’il était en prison pour vente de cannabis. Au départ, elle dira avoir logé sa plainte parce qu’elle avait peur qu’il lui fasse du mal à sa sortie de prison pour finalement avoué avoir agi à la demande de son nouveau conjoint.

En fait, le contre-interrogatoire de l’avocat de la défense, Me Alexandre Biron, a en effet permis de relever plusieurs contradictions dans son témoignage. Des lettres d’amour et des messages textes écrits par la présumée victime après les événements ont aussi été déposés où il n’est nullement du contexte de violence conjugale. En avril 2019, elle l’a même demandé en mariage. À un certain moment, Vadeboncoeur aurait voulu la quitter mais c’est elle qui l’aurait convaincu de rester, même si elle disait avoir peur de lui.

Et selon son amie et témoin, les gestes de violence n’ont pas été commis dans le même appartement ni de la même façon que ceux décrits par la plaignante. Il en va de même sur la durée du délit et les propos tenus par Vadeboncoeur.

Dans sa plaidoirie, la procureure de la Couronne Me Audrey-Anne Boily a mis en garde la juge sur l’importance à accorder à ces contradictions compte tenu de la vulnérabilité des deux femmes et de leur niveau de compréhension. Selon elle, l’amie a tout de même corroboré un épisode de violence. Elle a aussi rappelé que la plaignante voyait à l’époque Alexis Vadeboncoeur dans sa soupe et qu’elle était ancrée dans cette relation de violence conjugale comme bien des victimes dans un pareil contexte.

Or, Me Biron est d’un tout autre avis. Pour lui, la plaignante a surtout tenté d’adapter son témoignage car elle comprenait très bien les questions. «Elle a essayé d’expliquer l’inexplicable», a-t-il martelé. Et s’il a admis la vulnérabilité de la témoin, il soutient qu’elle a pour sa part été incapable de relater les faits. En ce sens, il a donné l’exemple de l’impossibilité que Vadeboncoeur puisse avoir serré la gorge de la plaignante pendant dix minutes comme elle l’avait déclaré.

Comme son rôle n’est pas de faire des suppositions mais plutôt de déterminer s’il existe ou non un doute raisonnable, la juge Tremblay a donc acquitté Alexis Vadeboncoeur. À sa sortie de la salle d’audience, ce dernier était visiblement heureux du verdict. Il ne s’est pas gêné d’ailleurs pour faire des blagues sur la médiatisation de son premier acquittement dans toute la saga judiciaire des dernières années.