La victime Jérémy Courchesne-Arsenault

Violente agression: un jeune suspect accusé

TROIS-RIVIÈRES — L’adolescent qui aurait sauvagement agressé Jérémy Courchesne Arsenault au parc portuaire de Trois-Rivières vendredi dernier a formellement comparu devant le Tribunal de la jeunesse lundi après-midi.

Cet individu de 16 ans a été accusé de voies de fait graves et de vol. Il se serait en effet emparé du cellulaire et du portefeuille de la victime après lui avoir infligé une solide raclée.

Le procureur de la Couronne, Me Hippolite Brin, s’est immédiatement opposé à sa remise en liberté. Il a plutôt demandé à ce que la cause soit reportée à mardi au stade d’une enquête sur caution. Cependant, à la lumière des discussions qui sont présentement menées entre la Couronne et l’avocate de la défense, Me Pénélope Provencher, il n’est pas exclu que le jeune suspect, qui n’a aucun antécédent, soit éventuellement libéré mais avec de sévères conditions pour la durée des procédures judiciaires. 

Son passage devant le tribunal a été de courte durée. Il est d’ailleurs demeuré silencieux dans le box des accusés.
Pour l’occasion, ses parents se trouvaient dans la salle d’audience mais également la victime, sa famille et ses proches. La tension était palpable dans la salle si l’on en juge par les regards qui ont été échangés entre les personnes impliquées. 

Me Brin a d’ailleurs pris soin de s’adresser à toutes les personnes, tant les médias que la victime et ses proches, pour rappeler qu’il est interdit par la loi de publier le nom du prévenu, et ce, même sur les réseaux sociaux sous peine de poursuites puisqu’il est mineur. Il a aussi lancé un appel à la prudence concernant des propos qui pourraient être considérés comme haineux sur les réseaux sociaux. 

Pour sa part, le jeune Jérémy Courchesne Arsenault a raconté en entrevue qu’il n’entretenait pas de colère contre son agresseur. «Je suis surtout déçu. Je n’ai pas de colère contre lui. Je suis déçu de ce qui s’est passé. Décider de sauter sur quelqu’un comme ça, pour rien, ça n’a aucun rapport», a-t-il mentionné. 

Sorti de l’hôpital le matin même, il a précisé vouloir être présent au palais de justice pour que justice soit rendue. «Je ne suis pas ici pour voir l’agresseur. Même si je ne le revois pas, ça ne me dérange pas. Je veux surtout que le monde comprenne, ceux qui décident de faire ça gratuitement, eh bien que ça n’a aucun rapport. Ça ne se fait pas!», a-t-il ajouté.

Sa copine Lindy Boucher tenait pour sa part à voir le visage de l’agresseur et savoir ce qu’il allait dire au juge. «Je pense que des gens sont allés dire des niaiseries au Noir et qu’il a fait ça gratuitement. Il n’est pas conscient de ce qu’il a fait. Il aurait pu mourir. Jérémy est trop gentil avec tout le monde. Il n’a pas de malice. Il ne frapperait personne pour rien. Il est un anti-violence», a-t-elle indiqué. 

La mère de Jérémy était elle aussi sur place. Soulagée d’apprendre que le présumé agresseur de son fils avait été rapidement arrêté, Sandra Courchesne a bien hâte maintenant de savoir quelle sentence lui sera imposée. Rappelons que l’agression dont son fils a été victime est survenue vendredi soir. Aux dires de Jérémy Courchesne Arsenault, il s’agirait d’un crime tout à fait gratuit. Alors qu’il était assis seul sur un banc, un jeune homme de race noire se serait approché de lui pour lui proposer de se battre. 

Une dizaine de jeunes auraient alors commencé à l’insulter parce qu’il refusait. C’est alors que le suspect l’aurait roué de coups au point qu’il a perdu connaissance. Il a notamment eu les deux globes oculaires enfoncés et le nez cassé à quatre endroits, ce qui a nécessité une opération d’urgence et la pose de vis sous ses yeux. Lorsqu’il est revenu à lui, il lui a fallu une quinzaine de minutes avant qu’une personne ne daigne lui venir en aide.  

La diffusion de la vidéo de l’agression a permis de générer plusieurs informations provenant du public à la Sécurité publique de Trois-Rivières. C’est ainsi que le présumé agresseur a pu être identifié. Il a été arrêté dimanche soir. Le jeune Trifluvien est présentement détenu au pavillon Bourgeois de Trois-Rivières.