Coryne Gauvin Landry a reconnu sa culpabilité, vendredi, d'avoir subtilisé de l'argent et des cartes d'institutions financières dans des résidences pour personnes âgées de Trois-Rivières.

Violence conjugale extrême

Stéphane Corriveau, un individu de 56 ans au lourd passé judiciaire, a fait vivre un véritable enfer pendant près de six mois à sa nouvelle flamme, au point où elle a dû subir des chirurgies de reconstruction du visage en raison des nombreux coups assénés par l'accusé. L'homme était de retour au palais de justice de Trois-Rivières, vendredi matin, pour les représentations sur sentence dans cette affaire de violence conjugale extrême, dont il a été reconnu coupable lors de son procès à l'hiver dernier.
La relation entre Corriveau et sa victime a duré d'avril à octobre 2016. La dame vivait des fruits de la prostitution lorsqu'elle a fait la rencontre de l'accusé. Selon les faits relatés par la poursuite, Corriveau se serait dépeint un peu comme un sauveur qui allait tenter de la sortir de la rue et l'aider à se reprendre en main.
Toutefois, c'est plutôt dans une relation d'une extrême violence que la dame s'est retrouvée. L'homme s'est adonné à des agressions sexuelles armées, à des voies de fait armées, des voies de fait avec lésions et des menaces de mort envers sa nouvelle conjointe. Stéphane Corriveau est même allé jusqu'à pénétrer sa victime avec le manche d'un couteau, relate la preuve.
Des bâtons et des couteaux ont aussi été utilisés pour lui faire subir les sévices, dont un bâton recueilli à titre de preuve qui avait été complètement tordu à force de rouer de coups la victime.
Cette dernière, qui n'était pas présente au palais de justice, a tout de même transmis une déclaration dans laquelle elle relate avoir subi de très nombreuses lésions, des blessures excessivement importantes qui laisseront des traces permanentes. Elle a d'ailleurs dû subir des chirurgies au visage pour reconstruire ses os cassés et doit maintenant vivre avec des tiges de métal. Elle a eu des dents cassées et des doigts fracturés. 
La victime a également indiqué avoir souffert de séquelles psychologiques, avoir de la difficulté à dormir, et les lésions corporelles ne lui permettent plus aujourd'hui d'exercer le travail qu'elle faisait avant de rencontrer Corriveau.
Selon Me Catherine Lemay, procureure de la Couronne, l'accusé a commis ces gestes alors qu'il avait déjà une cause pendante de harcèlement et de menaces de mort contre un ancien employeur. Il a également des antécédents en matière de violence conjugale, tant dans les années 1990 que 2010, et a été incarcéré à deux reprises, pour des sentences de 6 mois et de 40 mois pour divers crimes.
La poursuite indique que l'homme aurait agi sous l'emprise de la jalousie et d'un besoin de contrôle sur son ex-conjointe, et qu'il présente une problématique de violence pour laquelle il a entamé des thérapies à deux reprises à Accord Mauricie. La Couronne et la défense ne semblaient toutefois pas arriver aux mêmes conclusions à savoir si l'homme avait ou non complété ses thérapies.
La défense, pour sa part, a indiqué que la victime dans sa déclaration avait fait savoir que ces épisodes survenaient en contexte de consommation de drogues, surtout des métamphétamines, et qu'elle n'avait aucune crainte à le voir être libéré s'il cessait de consommer. La poursuite, toutefois, indique que le rapport présentenciel fait état d'épisodes de violence qui sont survenus à d'autres moments qu'en contexte de toxicomanie. Me Lemay indique que l'accusé ne reconnaît pas sa problématique de violence et que le risque de récidive est présent.
La Couronne a demandé à ce que l'individu soit condamné à une peine de six ans de pénitencier, compte tenu des nombreux facteurs aggravants ainsi que dans un souci de donner une conséquence significative, étant donné que le facteur de dénonciation doit primer. La défense, représentée par Me Jacques Patry, suggère plutôt une peine de trois ans, étant donné les déclarations de la victime sur la relation de cause à effet avec la toxicomanie, de même que les thérapies déjà entreprises par le passé à Accord Mauricie.
Le juge Jacques Lacoursière a pris la cause en délibéré et rendra sa décision le 12 juillet prochain.