Nicolas Sauvageau a admis s’être livré à des gestes de violence conjugale et à du harcèlement criminel entre 2011 et 2015.

Violence conjugale et harcèlement criminel contre une ex-conjointe: deux ans moins un jour de prison pour Sauvageau

Trois-Rivières — Un individu domicilié à Shawinigan, Nicolas Sauvageau, vient de se voir imposer par la juge Dominique Slater une peine de deux ans moins un jour de prison pour avoir fait preuve de violence conjugale et de harcèlement criminel contre une ex-conjointe.

Les événements sont survenus entre 2011 et 2015. Selon l’exposé conjoint des faits, Nicolas Sauvageau a commencé à fréquenter la victime à partir de 2009. Peu de temps après, il est devenu contrôlant et jaloux pour ensuite s’en prendre à elle physiquement dès 2011.

Il l’a notamment poussée à plusieurs reprises, lui a serré les bras et lui a infligé des tapes sur la tête avec sa main. Il l’a aussi frappée au visage et lui a fracturé le doigt en lui enlevant son cellulaire. À une occasion, il l’a bousculée dans un escalier au point où elle s’est heurtée le visage sur une marche. Ces épisodes de colère ont causé des blessures à la dame dont une qui lui a laissé une cicatrice au visage.

Il a aussi fait preuve de violence verbale et psychologique à son égard et lui a envoyé des milliers de messages textes contenant des propos insultants et dégradants, d’où l’accusation de harcèlement criminel.

Et même après leur rupture en 2015, il n’a pas lâché prise. Il s’est pointé à la résidence de celle-ci, a défoncé la porte pour ensuite lui empoigner le bras et la pousser. Un voisin avait dû intervenir. Nicolas Sauvageau avait alors été arrêté.

Or, le processus judiciaire s’est ensuite étiré pendant plus de quatre ans. Le suspect s’est prévalu de son droit d’avoir une enquête préliminaire, obligeant la victime à témoigner. Et alors que son procès de six jours devait commencer en février 2019, il a finalement plaidé coupable. Il a reconnu lui avoir infligé des voies de fait à plusieurs reprises, des voies de fait causant des lésions corporelles, s’être livré à du harcèlement criminel et avoir commis une invasion de domicile. Du même coup, il avait admis avoir enfreint deux conditions de sa remise en liberté en 2016 en ne respectant pas son couvre-feu et en faisant usage de stupéfiants.

Tel que l’a précisé la juge, tous ces gestes ont eu des conséquences majeures dans la vie de la victime. Elle vit dans la crainte et la méfiance, a de la difficulté à faire confiance aux gens, manque de motivation et a peu d’estime d’elle-même, surtout que sa cicatrice au visage lui rappelle constamment la violence conjugale subie. Elle a d’ailleurs dû recevoir une aide psychologique.

Par ailleurs, les rapports présentenciel et psychologique décrivent Nicolas Sauvageau comme un homme qui a des problèmes d’impulsivité et de gestion de ses émotions. Et bien qu’il ait un certain degré de responsabilisation, les experts demeurent prudents dans leur pronostic de réhabilitation. Le risque de récidive est considéré comme non négligeable, d’où l’importance qu’il suive une thérapie dans un organisme spécialisé. À ce jour, il n’avait d’ailleurs entrepris aucun cheminement, ce qui constitue un facteur aggravant.

Selon la juge, la responsabilité de Nicolas Sauvageau est entière. «Ce n’est pas une perte de contrôle mais un comportement récurrent marqué par la violence physique et psychologique qui a duré quelques années, et ce, même après la séparation du couple», a-t-elle précisé.

Elle lui a donc imposé une peine de deux ans moins un jour de prison, ce qui équivaut au quantum de la sentence suggérée par la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet. La seule différence avec la demande de cette dernière est qu’il évite le pénitencier. Par contre, la probation demeure la même que celle proposée par la poursuite, soit trois ans avec un suivi de deux ans et l’obligation de suivre une thérapie à Accord Mauricie. Il lui sera évidemment interdit de communiquer avec la victime.

L’avocat de la défense, Me Yvan Braun, avait pour sa part réclamé une peine de 90 jours de prison discontinue afin de permettre à son client de s’impliquer le plus rapidement possible dans une thérapie. Parmi les facteurs atténuants relevés, Nicolas Sauvageau a 39 ans, n’a qu’un seul antécédent en matière d’alcool au volant, il a plaidé coupable, il a un potentiel d’employabilité, il a cessé la consommation de drogue et a reconnu certaines problématiques.