Vicky Légaré

Vicky Légaré coupable de fraude

Le juge Rémi Bouchard déclare Vicky Légaré coupable de fraude à l'encontre de son ex-employeur, elle qui a affirmé avoir versé de l'argent à celui-ci provenant de la production de cannabis de son conjoint pour éviter une visite de la police.
Cette femme de Manseau, qui aura 32 ans bientôt, était soupçonnée d'avoir détourné plus de 200 000 $ à une station-service de Manseau entre mai 2012 et février 2014, alors qu'elle était commis-comptable. Le juge Bouchard l'a déclarée coupable vendredi matin au palais de justice de Trois-Rivières de fraude de plus de 5000 $.
Durant le procès, celle qui avait la responsabilité des dépôts d'argent pour l'entreprise avait réfuté la prétention de la Couronne qu'elle était l'auteure d'un détournement de fonds. Elle disait qu'elle avait versé une certaine somme d'argent à son patron après qu'il l'eut questionnée en février 2014 sur un manque d'argent, car ce dernier lui disait qu'il allait aviser la police. Elle a agi de cette façon, à même l'argent récolté grâce aux activités illicites de son conjoint, car elle ne voulait pas que la police visite le domicile de ce dernier en raison des équipements disposés au sous-sol qui ont depuis été enlevés.
Pour sa défense, Vicky Légaré a entre autres affirmé que l'argent provenant des ventes des pompistes était placé le matin dans un endroit accessible aux autres employés avant d'être déposé sur l'heure du midi, laissant entendre que d'autres employés auraient été responsables de la fraude. Elle disait également ne pas se souvenir le midi du montant d'argent qu'elle comptait le matin.
Le président du tribunal n'achète nullement cette version.
«L'accusée n'est pas un témoin crédible», a dit le juge Bouchard, qualifiant ses réponses de farfelues, évasives et mensongères.
Le juge a plutôt cru la prétention de la Couronne selon laquelle Vicky Légaré a profité de son travail pour prendre de fortes sommes d'argent. Il a retenu la version du propriétaire de l'entreprise. Selon ce dernier, Vicky Légaré a avoué ses gestes (ce qu'elle a nié durant le procès) lorsqu'il l'a questionnée lors de ladite discussion en février 2014. D'après le témoignage du propriétaire, Légaré lui a dit avoir agi ainsi, car elle enviait les autres alors qu'elle n'avait rien dans la vie. Toujours selon le propriétaire, Légaré lui a dit qu'elle allait le rembourser. 
Le juge croit que le manque à gagner de l'entreprise s'élève à près de 204 000 $. Il ne peut conclure que cette somme est totalement attribuable à Vicky Légaré comme montant de la fraude, mais le juge est convaincu qu'elle a détourné un montant «qui dépasse largement» les quelque 30 000 $ remboursés. 
Les représentations sur la peine auront lieu le 24 avril. Me Julien Beauchamp-Laliberté, procureur de la Couronne, a déjà annoncé qu'il demandera l'imposition d'une sentence de prison ferme de plusieurs mois et le remboursement d'une importante somme d'argent ou le versement d'un don.
Me Mathieu Poliquin, avocat de Vicky Légaré, va étudier la possibilité d'en appeler du jugement.
D'autre part, Me Beauchamp-Laliberté n'écarte pas l'idée d'intenter des recours contre le conjoint de Vicky Légaré concernant la production de cannabis.