Michel Dupont, porte-parole du RACELS.

Vers un regroupement provincial des riverains

Le problème des augmentations de taxes importantes pour les propriétés au bord de l'eau ne touche pas que la Mauricie. Le Regroupement des associations de cours d'eau et de lacs de Shawinigan (RACELS) a réuni samedi à Trois-Rivières des représentants d'associations de riverains d'un peu partout au Québec afin de mettre sur pied un regroupement provincial pour dénoncer avec plus de force auprès du gouvernement ce qu'ils qualifient de surévaluation des propriétés situées sur le bord de l'eau.
«Il y a des gens de la Mauricie, de l'Estrie, du Centre-du-Québec, des Laurentides, de Chaudière-Appalaches et de Québec qui sont venus discuter pour faire un constat commun. Nous sommes fort encouragés des discussions que nous avons eues. Nous serons donc en mesure à moyen terme de mettre sur pied un véritable regroupement provincial pour les riverains», affirme d'emblée en entrevue Michel Dupont, porte-parole du RACELS. 
Les riverains espèrent que ce regroupement provincial favorisera les négociations avec Québec. Ceux-ci veulent que le gouvernement trouve une solution aux fortes hausses d'évaluation foncière ces dernières années de ces propriétaires riveraines. Le RACELS avait bien tenté de rencontrer le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Martin Coiteux, pour discuter de cette question, mais celui-ci n'avait pas accepté de les rencontrer. 
«Nous espérons que ce regroupement provincial va être en mesure de discuter avec plus de force avec le gouvernement du Québec», ajoute M. Dupont. 
À la base du problème, le système d'évaluation municipale actuel est injuste envers les riverains, dénonce le porte-parole du RACELS. «Nous sommes conscients que nous avons la chance de vivre dans de beaux milieux, on est prêt à payer nos taxes comme tous les citoyens, mais le système actuel est complètement inéquitable. On paye un taux de taxation beaucoup trop élevé», ajoute-t-il en précisant que le problème est au niveau de l'évaluation des terrains. «On accorde des valeurs aux terrains totalement déraisonnables.»
Cette «iniquité» dénoncée par ces associations de propriétaires riverains nuit à l'accès à la propriété sur le bord d'un lac ou d'une rivière pour la classe moyenne. «On est en train de créer des ghettos sur le bord des cours d'eau. Des ghettos de riches où on est en train d'exclure totalement la classe moyenne parce que les gens ne sont plus capables d'avoir accès à une propriété à un coût de taxes raisonnable», estime Michel Dupont.  
Les valeurs des propriétés riveraines ont en effet beaucoup augmenté ces dernières années. Cette question fait régulièrement les manchettes. Si pour certains cela représente une belle occasion de faire du profil en vendant leur propriété, d'autres voient leur rêve de vieux jours être amputés tellement les comptes de taxes municipales sont plus salés. 
Lors de la publication du nouveau rôle d'évaluation foncière en 2010 à Shawinigan, les propriétés riveraines ont vu leur valeur doubler, rappelle Michel Dupont. «Et en 2013, nous avons eu à faire face à des augmentations moyennes de 50 %. Les propriétés sont surévaluées. On le constate avec les propriétés qui se vendent depuis deux ans, car la plupart d'entre elles se vendent sous l'évaluation municipale», précise-t-il. 
Cette problématique que décrit Michel Dupont se vit également dans la plupart des régions du Québec. C'est pour cette raison qu'il y avait autant de régions représentées lors de la rencontre de samedi. Luc Coutu de l'Association du lac Paquet à Rivière-Rouge dans les Hautes-Laurentides soutient que les propriétés riveraines sont souvent également surévaluées dans sa région. Il précise que les comptes de taxes municipales peuvent varier entre 5000 $ à 10 000 $ pour une seule année.  
«Ça va souvent dans tous les sens. Moi de mon côté, on m'a augmenté de 16 %. Et je n'ai rien fait de spécial sur ma maison depuis le dernier plan triennal», note M. Coutu. «Dans les deux derniers rôles d'évaluation, ma maison est passée de 275 000 $ à 329 500 $.»