Le palais de justice de Shawinigan.

Une femme coupable de violence conjugale

Une femme de 34 ans de Shawinigan doit attendre jusqu'au 1er avril pour connaître la sentence que lui imposera le juge Jacques Trudel après qu'elle eut plaidé coupable à des accusations de voies de fait avec lésions et de menaces à l'endroit de son ex-conjointe.
Entre mars 2007 et mars 2011, Katy Perron a vécu en couple à Shawinigan avec une femme provenant de la Gaspésie. Durant ces années, cette femme a saisi sa compagne de vie à la gorge, l'a bousculée, l'a insultée et l'a frappée à plusieurs reprises. Katy Perron soutenait que son ex-conjointe la trompait.
Selon les informations divulguées mercredi par Me Simon Murray, procureur de la Couronne à Shawinigan, Katy Perron a dit à sa conjointe, lorsque cette dernière l'a quittée, qu'elle ne sera jamais assez loin.
L'ex-conjointe, qui est retournée vivre en Gaspésie, a témoigné mercredi lors des représentations sur sentence.
Lorsqu'elle a quitté Katy Perron, la femme de 26 ans est allée vivre à la Séjournelle durant trois mois. Elle a indiqué que toute cette situation avait entraîné plusieurs difficultés: dépression, crise de panique, anxiété. Elle est suivie par un psychologue.
La victime a quitté ce centre d'hébergement pour victimes de violence conjugale, car elle ne voulait plus vivre dans la même région que Katy Perron. Elle souhaite ne plus jamais revoir son ancienne amoureuse.
Interrogée par Me Bertrand Jacob, l'avocat de Katy Perron, la victime a déclaré que les deux femmes se sont rencontrées via Internet. Elle a dit qu'elle était plus ou moins au courant du passé de Katy Perron concernant des épisodes de violence conjugale. Elle a admis avoir consommé de la drogue avec Katy Perron et elle a précisé que les gestes de violence étaient commis lorsque cette dernière était intoxiquée.
Questionnée à savoir pourquoi elle avait attendue quatre ans avant d'avoir recours à des services d'aide, elle a dit qu'elle entretenait l'espoir que les choses allaient changer.
Katy Perron a été appelée à témoigner. Elle a dit ressentir du regret par rapport à ce qui s'est passé avec son ancienne conjointe. Elle a raconté qu'elle est issue d'une famille où le père était violent. Elle a commencé à prendre de la drogue au début de son adolescence.
Katy Perron a entrepris des démarches pour améliorer sa vie.
Elle a suivi une thérapie en 2013 pour ses problèmes de consommation, elle s'est inscrite à un programme pour les personnes souffrant du trouble de la personnalité limite et a rencontré un psychologue.
Voilà pourquoi son avocat plaide pour que Katy Perron n'aille pas en prison. Selon Me Jacob, sa cliente a démontré qu'elle est capable d'aller chercher des services pour régler ses problèmes. De plus, Me Jacob souligne que la sentence doit avoir l'objectif d'assurer la protection de la victime. Comme cette dernière vit en Gaspésie, la cour pourrait permettre à Katy Perron de demeurer libre tout en lui imposant de sévères conditions.
Me Murray croit pour sa part que la cour doit imposer une peine de prison ferme.
Rappelant les antécédents judiciaires de Katy Perron pour menaces et pour voies de fait causant des lésions dans un contexte conjugal, le procureur de la Couronne a insisté sur la gravité des gestes posés à répétition. Selon lui, une peine d'emprisonnement de 20 mois serait appropriée dans les circonstances.