Une jeune élève de l'école secondaire La Découverte de Saint-Léonard-d'Aston a dû changer de cours et de concentration après avoir dénoncé son présumé agresseur.

Une élève doit changer de groupe après avoir dénoncé son agresseur

Une jeune élève de l'école secondaire La Découverte de Saint-Léonard-D'Aston a dû changer de cours et de concentration scolaire après avoir porté plainte contre un camarade de classe pour agression sexuelle.
Ses parents déplorent aujourd'hui que ce soit leur fille, et non le présumé agresseur, qui a dû subir autant de changements pour éviter que les deux jeunes se retrouvent en contact l'un avec l'autre à la demande de la jeune fille.
«Ma fille a eu le courage de dénoncer son agresseur. Mais le message qui est envoyé aujourd'hui, c'est que c'est elle qui est tassée. C'est un drôle de message à envoyer», soutient la mère de la jeune fille, dont nous devons taire l'identité pour ne pas identifier les personnes mineures impliquées.
Selon la mère, il est particulier d'envoyer un tel message sur le traitement réservé aux victimes dans une époque où l'on encourage partout la dénonciation des agressions sexuelles.
Les événements se seraient produits en décembre dernier, à l'intérieur des murs de l'école. Un jeune garçon aurait commis des attouchements envers cette jeune fille, qui a décidé de porter plainte quelques mois plus tard.
La plainte a été prise il y a environ deux semaines. Selon la Sûreté du Québec, le jeune homme a été arrêté, puis relâché sous promesse de comparaître à une date ultérieure devant le Tribunal de la jeunesse.
Or, à la suite de ces événements, une interdiction de contact a été exigée entre le présumé agresseur et la jeune fille, sauf dans un contexte scolaire dans une même classe sous supervision du personnel enseignant.
Or, mal à l'aise avec le fait de continuer à partager le même local que le jeune homme, l'étudiante a demandé à la direction s'il n'était pas possible de faire quelque chose. La direction a accepté en retirant la jeune femme de sa concentration musique pour l'envoyer vers une autre concentration, sans l'accord de ses parents.
«C'est ma fille qui nous a appris qu'elle avait été envoyée dans une autre concentration. On ne nous a pas demandé notre avis. Je suis son tuteur légal, je devrais au moins être informée de ce genre de décision. Et elle adore la musique. Je ne comprends juste pas pourquoi c'était à elle de changer de cours alors que c'est elle qui est la victime», mentionne sa mère.
Mardi matin, une rencontre a eu lieu avec la direction de l'école. Il a été convenu que la jeune femme serait ramenée en concentration musique, mais suivrait ses cours avec un groupe d'un autre niveau. Par ailleurs, elle a changé de groupe pour tous les autres cours de sa formation générale.
«À deux mois de la fin de l'année scolaire, elle se retrouve dans des groupes qui n'ont pas forcément suivi la même cadence. Dans au moins deux cours, elle a un peu de retard à rattraper, et c'est à elle de s'ajuster pour rattraper ce retard», constate la mère.
Dans un monde idéal, les parents de la jeune fille auraient d'abord aimé être rencontrés dès le départ pour approuver les changements, mais auraient aussi aimé que la démarche soit faite également auprès des parents du jeune homme pour que les changements de cours ne reposent pas uniquement sur les épaules de leur fille.
«Ce qu'on nous a dit, c'est qu'ils ne pouvaient pas faire grand-chose, étant donné que le garçon est considéré innocent jusqu'à preuve du contraire, et qu'il ne fallait pas nuire à l'enquête», expose la mère.
Commission scolaire
Du côté de la Commission scolaire de la Riveraine, on se montre prudent dans ce dossier, non seulement parce qu'une enquête policière est en cours, mais également parce qu'il s'agit de personnes mineures.
Toutefois, on indique que la proposition de changement est arrivée à la demande de la jeune fille, qui a approché elle-même la direction de l'école.
«Nous avions des conditions à respecter dans le cadre du processus d'enquête, et les deux jeunes pouvaient se retrouver dans la même classe sous supervision du personnel enseignant. La demande a été faite par la jeune fille, alors nous lui avons proposé les changements en s'assurant que les conditions étaient respectées. La direction de l'école nous assure que la proposition convenait à la jeune fille», évoque Pascal Blondin, porte-parole de la Commission scolaire.
Ce dernier explique qu'en aucun temps, on n'a considéré «punir» qui que ce soit là-dedans, ni la présumée victime ni le présumé agresseur, lui qui n'a pas encore été mis en accusation et qui sera considéré innocent jusqu'à preuve du contraire.
Les changements ont toutefois été apportés à la demande de la jeune fille. Par la suite, une rencontre a été organisée avec les parents mardi matin, rencontre au cours de laquelle la Commission scolaire soutient que les parents étaient satisfaits des changements proposés.