Une cinquantaine de bénévoles dûment formés ont participé aux recherches pour retrouver Jacques Arbour mardi.

Une cinquantaine de chercheurs bénévoles

SAINT-JEAN-DES-PILES – Mardi matin, Raynald Leclerc, vice-président chez Eurêka recherche et sauvetage Mauricie n’a pas hésité. Il a appelé son employeur pour l’aviser qu’il serait absent, car il est l’un des 53 chercheurs bénévoles formés qui se sont rendus sur le site où a été retrouvé le véhicule de Jacques Arbour, cet homme de Shawinigan qui est porté disparu depuis dimanche.

En compagnie de ses 35 collègues d’Eurêka recherche et sauvetage Mauricie et des 18 chercheurs bénévoles de l’Association québécoise des bénévoles en recherche et sauvetage district 04, ils ont arpenté le site. Tout au long de la journée de mardi, ils ont assisté les policiers de la Sûreté du Québec et du Service de sécurité publique de Trois-Rivières dans leurs recherches.

Sous un 23 degrés Celsius et un taux d’humidité frôlant les 89%, les bénévoles ont fouillé les lieux, zone par zone à la recherche du moindre indice. «Nous avons divisé notre équipe en deux groupes. Nos bénévoles proviennent de la Mauricie, de Québec et de Drummondville. Nous avons tous reçu une formation théorique et pratique. De plus, nous avons aussi une formation en protection de scène de crimes et bien sûr, en recherches», explique-t-il.

À la recherche d’indices
C’est Raynald Leclerc qui était responsable de son groupe. Au premier coup de sifflet, toute l’équipe de recherche a avancé lentement en scrutant centimètre par centimètre la forêt. Chaque bénévole avait son corridor et, à un rythme constant, ils avançaient. Deux coups de sifflet, le groupe s’immobilise. Tous observent attentivement les environs. «Nous sommes à l’affût des traces de pas, d’objets qui pourraient appartenir à la personne disparue, de tout ce qui pourrait nous conduire à retrouver la personne», précise-t-il. Mardi matin, les recherches n’ont pas été fructueuses dans la première zone, seulement quelques traces de chevreuils. Malgré les conditions difficiles de recherches, les bénévoles n’ont pas hésité à répondre à l’appel.

Raynald Leclerc, vice-président chez Eurêka recherche et sauvetage Mauricie.

Même chose pour Chantale Lahaie, coordonnatrice du district 04 de l’Association québécoise des bénévoles en recherche et sauvetage et son équipe. «Nous sommes 18 sur le terrain provenant de plusieurs regroupements de chercheurs. Les conditions sont difficiles, mais nous sommes très heureux de participer aux recherches. Cela va permettre aux policiers et à la famille d’avancer un peu. Même si nous ne trouvons pas M. Arbour aujourd’hui, nous allons au moins fermer des portes et confirmer qu’il n’est pas dans les secteurs fouillés», raconte-t-elle.

Les vêtements détrempés par la pluie, les joues rougies par l’effort d’avoir escaladé avec son équipe une montagne escarpée, Mme Lahaie explique que les chercheurs scrutent attentivement le site afin de trouver tout ce qui n’est pas normal, tout ce qui n’a rien à faire en forêt.

En novembre 2016, Chantale Lahaie a personnellement trouvé une personne lors d’une battue. «Il faut être prêt à cela. Si la personne est en vie, c’est vraiment une belle nouvelle, mais lorsque la personne est malheureusement décédée, ce n’est pas facile», confie-t-elle.

Elle affirme cependant que même en cas de décès, le fait de retrouver le corps d’une personne disparue permet de donner des réponses à la famille et de faciliter leur deuil.

Chantale Lahaie, coordonnatrice du district 04 de l’Association québécoise des bénévoles en recherche.

L’équipe de Mme Lahaie était bien heureuse de participer à la battue de mardi. «Je crois que nous sommes en train de développer une belle relation avec les corps policiers. Nous sommes formés, nous travaillons avec professionnalisme et ils nous font confiance. Nous sommes bien contents de leur venir en aide. Lorsque nous découvrons des indices, nous les avisons immédiatement et ce sont eux qui procèdent à la récolte de l’indice», conclut-elle.