Une chicane entre amis qui vire mal

La colère, combinée à une problématique de dépendance à l'alcool et à la cocaïne, a valu à un Trifluvien une peine de six mois de prison jeudi matin.
À la suite d'une soirée bien arrosée dans un bar de danseuses le 22 septembre 2011, Jean-Claude Smith a en effet asséné trois solides coups de poing à son ami, lui infligeant par le fait même un traumatisme crânien sévère et un décollement de la rétine à l'oeil droit. Celui-ci a dû passer quatre jours à l'hôpital et être opéré à l'oeil.
Les conséquences ont été très lourdes: difficultés d'élocution, pertes de mémoire, étourdissements, diminution de son angle de vision, insensibilité sur la moitié du visage, problèmes au sinus et maux de tête. Certaines de ces séquelles seront d'ailleurs permanentes.
Selon ce que la preuve a révélé, Smith, qui était intoxiqué ce soir-là, n'aurait tout simplement pas apprécié que son ami révèle à sa conjointe qu'il se trouvait dans un bar de danseuses. Sous le coup de la colère, il a donc rappelé son ami, qui venait de quitter le bar, pour l'enjoindre de revenir et de lui remettre les 10 $ qu'il venait de lui prêter.
Celui-ci a finalement obtempéré mais mal lui en prit. Le ton a rapidement monté. Smith l'a frappé une première fois au niveau de l'oeil, le projetant du même coup au sol. Il a tenté de se relever mais en vain puisqu'il a reçu deux autres coups de poing. Aux prises avec des vomissements, il a dû être transporté à l'hôpital. Les examens ont alors révélé les blessures très sérieuses décrites précédemment.
Smith a par la suite été accusé de voies de fait causant des lésions corporelles, entre autres. Dans les mois qui ont suivi, Smith a enfreint ses engagements en communiquant à trois reprises avec sa victime et en lui tenant des propos menaçants, ce qui lui a valu de nouvelles accusations.
Or, le prévenu de 41 ans s'est par la suite repris en main. Sachant qu'il aurait pu tuer cet homme avec un seul coup de poing, il a non seulement plaidé coupable aux accusations portées contre lui mais il a aussi changé ses fréquentations et complété avec succès une thérapie à la Maison Carignan. Il s'est maintenant dit prêt à suivre le programme de gestion des comportements violents de la Maison Radisson.
La Couronne, représentée par Me Pierre-Alexandre Bernard, a réclamé une peine de 12 mois de prison. Le procureur a fait valoir au juge Guy Lambert que l'individu avait tout de même des antécédents judiciaires en matière de voies de fait et de menaces et qu'il avait brisé ses engagements à trois reprises dans cette affaire.
Pour sa part, l'avocat de la défense, Me Yvan Braun, a plutôt insisté sur le rapport présentenciel très favorable de son client et sur son cheminement personnel. Sachant qu'une peine de prison devait s'appliquer en pareille matière, il a donc laissé au juge le soin de déterminer le quantum approprié.
D'entrée de jeu, le juge Lambert n'a pas manqué de souligner que le geste commis par Jean-Claude Smith était grave et totalement gratuit. Non seulement il s'en est pris à son ami mais ce dernier doit maintenant vivre avec des séquelles. Il a par contre aussi tenu compte du fait que Smith est un actif pour la société, que tous les rapports le concernant sont favorables, qu'il a réglé ses problèmes de consommation et qu'il affiche désormais une attitude positive.
Il lui a donc imposé six mois de prison, suivis d'une probation de deux ans. Il a également fait la recommandation qu'il suive la thérapie pour hommes violents de la Maison Radisson. Il a aussi prononcé une interdiction de posséder des armes à feu pendant dix ans et une interdiction de contact avec la présumée victime.