Les observations sur la peine concernant un septuagénaire trouvé coupable de viol, d’inceste et d’attentat à la pudeur contre sa soeur ont eu lieu mercredi au palais de justice de Trois-Rivières.

Un septuagénaire trouvé coupable de viol, d’inceste et d’attentat à la pudeur à l’endroit de sa sœur

Trois-Rivières — Un septuagénaire trouvé coupable de viol, d’inceste et d’attentat à la pudeur à l’endroit de sa sœur devra patienter jusqu’au 15 novembre avant de connaître la sentence que lui imposera le juge Jacques Trudel.

Le dossier de cet homme de 73 ans, dont on doit taire l’identité pour protéger celle de la victime, était de retour au palais de justice de Trois-Rivières, mercredi. Le juge Trudel a écouté l’avocate de la poursuite, Me Martine Tessier, et l’avocate de l’individu, Me Valérie Thiffeault-Duchemin, effectuer leurs observations sur la peine. Mais auparavant, la cour a entendu le témoignage de la victime, elle qui a subi les assauts de son frère alors qu’elle était âgée de 8 à 17 ans.

Par le biais d’une lettre, cette dame de 56 ans a exprimé combien elle aimait et respectait son frère.

«Aujourd’hui est la fin d’un long parcours. Je le considérais comme mon père. Il a profité de mon innocence pour abuser de moi. Je ne pouvais pas en parler, il disait que c’était un secret entre nous. Aujourd’hui, ce n’est plus un secret. Je n’ai plus à avoir honte de moi», a tenu à raconter cette dame qui croit que le poids qu’elle a traîné sur ses épaules durant une grande partie de sa vie doit maintenant être le fardeau de son frère.

Le frère et la sœur sont issus d’une famille du secteur Cap-de-la-Madeleine où le père faisait preuve de violence. Le frère, de 17 ans l’aîné de la victime, jouait en quelque sorte le rôle de père auprès d’elle.

Les agressions se sont déroulées de 1971 à 1980. Incitations à des contacts sexuels, masturbations, fellations et relations sexuelles complètes se sont répétées.

L’homme vivait en logement avec sa propre famille. Il profitait de l’absence de son épouse pour s’adonner à ces gestes criminels. Il a cessé les agressions lorsque sa sœur a eu son premier amoureux.

Me Tessier propose au juge d’imposer une peine d’emprisonnement de quatre ans. L’avocate de la poursuite plaide que les gestes commis par l’individu ont eu un effet significatif sur sa sœur. Celle-ci a eu des difficultés de concentration durant son parcours scolaire. Elle est une personne renfermée, isolée. Les agressions ont causé du stress et des cauchemars. Le stress a contribué à développer chez la victime des problèmes de santé. Cette dernière a toutefois entrepris un retour aux études dans le but de finir son niveau secondaire.

Me Tessier est revenue sur le contenu du rapport sexologique de l’agresseur. Selon ce rapport, l’individu ne croit pas que ses agissements ont entraîné des conséquences. Il indique ne jamais avoir été infidèle durant ses relations amoureuses, alors qu’il avait des rapports sexuels avec sa sœur lorsqu’il était marié. Pour expliquer son comportement, il raconte qu’il s’agissait de jeux exploratoires, mais il était un père de famille lors des événements.

En plus de proposer une peine de prison de 48 mois, Me Tessier souhaite que l’individu soit inscrit au registre des délinquants sexuels, qu’il soit obligé de fournir un échantillon d’ADN et qu’il soit visé par une interdiction de posséder des armes durant 10 ans.

Me Thiffeault-Duchemin a rappelé au juge que son client a des regrets et qu’il a une capacité à ressentir de l’empathie, comme l’indique le rapport de l’évaluation sexologique. Durant cette étape, il a fait preuve de transparence, ajoute l’avocate de la défense.

Provenant d’un milieu familial difficile, il représente un faible risque de récidive, selon le rapport sexologique: son âge avancé, sa condition sexologique et les années écoulées depuis les événements diminuent le risque que l’individu peut représenter.

L’avocate de la défense a souligné que son client a respecté toutes les conditions qui lui ont été imposées depuis son premier passage à la cour. L’individu, qui est le père de trois enfants, était sans antécédent judiciaire avant cette histoire.

Selon Me Thiffeault-Duchemin, une peine de deux ans moins un jour à être purgée dans la collectivité peut être imposée à son client. L’avocate de la défense propose que cette peine soit assortie d’une probation de trois ans et d’un suivi de deux ans durant laquelle l’individu devrait suivre une thérapie sexologique. D’après son avocate, le septuagénaire a amorcé en juin dernier des rencontres avec un sexologue.

Une telle sentence respecte les critères de dénonciation et de dissuasion, croit Me Thiffeault-Duchemin.

Invité par le juge à dire quelques mots, l’individu a mentionné qu’il «regrette sincèrement ce qui est arrivé».