Mathieu Vallée-Baillargeon aurait fraudé pour 20 000$ son ancien employeur, le magazine Mag 2000.

Un représentant publicitaire en prison

TROIS-RIVIÈRES — Le magazine mensuel trifluvien Mag 2000 de même que plusieurs entreprises bien connues de la région ont été impliqués malgré eux dans une histoire de fraude pour laquelle Mathieu Vallée-Baillargeon, un individu de 35 ans de la région, doit maintenant faire face à la justice. L’accusé, qui est présentement détenu dans une autre affaire de fraude, a échoué jeudi dans sa tentative de recouvrer sa liberté au terme de son incarcération, et demeurera détenu tout au long des procédures dans cette affaire, qui aura coûté près de 20 000 $ au magazine trifluvien.

Selon l’enquêteure au dossier qui a été appelée à témoigner lors de l’enquête sur cautionnement de l’individu, ce dernier aurait été embauché par le Mag 2000 en septembre 2017 à titre de représentant publicitaire. Pendant les premières semaines de l’occupation de cet emploi, Vallée-Baillargeon aurait fait le bonheur de ses employeurs, puisque ses ventes étaient excellentes et qu’il était allé chercher plusieurs nouveaux clients.

Or, au bout de quelques semaines, les appels de clients mécontents ont commencé à entrer au Mag 2000. Il est vite apparu que Vallée-Baillargeon aurait conclu des ententes avec plusieurs clients qui n’auraient pas été respectées.

Dans certains cas, le représentant aurait promis des gratuités aux clients mais sans en avoir l’autorisation du magazine, qui de son côté se trouvait à facturer pour un service que le client pensait pouvoir obtenir gratuitement. Dans d’autres cas, des parutions de publicités promises comme gratuités au contrat n’auraient jamais été publiées, puisque le magazine n’était pas avisé de ces promesses de son représentant.

Dans un cas, le représentant aurait conclu un contrat publicitaire en échange d’une assurance pour lui-même, plutôt que de verser les profits au magazine. Il est également question de contrats originaux modifiés de la part du représentant pour augmenter ses commissions versées, de vente sous pression, etc.

Des entreprises comme la Cité de l’énergie, le restaurant Le Cuisto, Duguay Immobilier ou Industrielle Alliance auraient toutes été flouées dans cette affaire. Mais étant donné qu’elles ont, au final, choisi de ne pas payer pour les services qu’elles n’avaient pas autorisés selon les termes du contrat négocié avec le vendeur, seul le Mag 2000 a dû essuyer des pertes financières, que la poursuite estime à près de 20 000 $.

En outre, Vallée-Baillargeon aurait emprunté des sommes d’argent de plusieurs centaines de dollars à deux collègues de travail, qu’il remboursait à l’aide de chèques sans fonds. Sous prétexte qu’il vivait une période difficile dans sa vie personnelle, la direction du Mag 2000 lui aurait même permis d’habiter ses locaux pendant trois semaines, se faisant même payer l’épicerie à une occasion par une collègue de travail, de même qu’un prêt en argent pour l’aider à s’installer dans un loyer.

Le lien d’emploi avec le suspect a été rompu le jour où il a tout simplement cessé de se présenter au travail. Devant le constat de fraudes évidentes, la direction du Mag 2000 a porté plainte à la police en décembre 2017.

Mathieu Vallée-Baillargeon a lui-même admis en cour, jeudi, avoir eu de sérieux problèmes de consommation de cocaïne au moment des faits, et de consommation de stupéfiants en général depuis au moins dix ans. Lors de cette période, il indique qu’il consommait pratiquement chaque heure de la journée.

L’homme, qui possède onze antécédents criminels en matière de fraude, a indiqué à la juge Dominique Slater avoir toujours agi en raison de sa consommation, un problème qu’il souhaite régler. L’homme a été condamné à une peine de six mois d’emprisonnement en avril dernier dans une autre affaire de fraude, qui remonte avant son passage au Mag 2000.

Vallée-Baillargeon est apparu émotif dans le box des accusés, lui qui espérait obtenir du tribunal d’être envoyé en thérapie pour régler définitivement ses problèmes de consommation. Il affirme ne pas avoir consommé depuis près de six mois, et ce, malgré les nombreuses opportunités en prison. Il a obtenu le soutien de sa conjointe actuelle, et indiquait avoir réussi à se trouver un emploi de représentant, qu’il pourrait occuper dès sa sortie de thérapie. Son avocate, Me Raphaëlle Desvignes, a souligné à la cour la sincérité de son client et sa réelle motivation à s’en sortir et à reprendre sa vie en main.

De son côté, la Couronne, représentée par Me Pascale Tremblay, a rappelé que l’homme possédait onze antécédents en semblable matière et qu’on pouvait douter de sa volonté étant donné qu’il avait tenté à plusieurs reprises de suivre des thérapies, qu’il abandonnait au bout d’une journée à peine. En 2013, alors qu’il avait des causes pendantes en matière de fraude, l’homme a quitté vers la Colombie-Britannique alors qu’il n’en avait pas le droit, forçant l’émission d’un mandat d’arrestation contre lui.

Par ailleurs, le risque de récidive inquiétait la Couronne, d’autant plus que l’employeur prêt à le prendre à sa sortie de thérapie lui offrait un emploi dans le même domaine où les fraudes avaient été commises, en plus qu’il ne semblait pas tellement au courant des accusations qui pesaient contre son futur employé.

La juge s’est rangée derrière les arguments de la poursuite et a ordonné la détention du suspect pour le reste des procédures. Mathieu Vallée-Baillargeon reviendra devant le juge le 20 août prochain pour la suite des procédures.