Un récidiviste en matière de pornographie juvénile plaide coupable

Trois-Rivières — Alexandre Gareau, 23 ans, un récidiviste en matière de pornographie juvénile, a disposé de ses dossiers, lundi, lors de son retour au palais de justice de Trois-Rivières.

Il a enregistré des plaidoyers de culpabilité sur la majorité des chefs d’accusation portés contre lui, soit accession, possession et distribution de pornographie juvénile. Les délits ont été commis entre juin 2016 et juin 2017 à Shawinigan et Trois-Rivières. 

Du même coup, Gareau alias Jason Bradley a plaidé coupable à deux chefs de leurre envers des jeunes âgés de moins de 16 ans, à des bris de conditions au Registre des délinquants sexuels (il lui était notamment interdit d’aller sur Internet) et à un bris de probation. 

Tel que l’a expliqué Me Jean-Marc Poirier, le procureur de la Couronne, une enquête policière a été entreprise à la suite d’une dénonciation faite via Facebook concernant des fichiers de pornographie juvénile. Les enquêteurs ont été en mesure de découvrir que l’adresse IP correspondait à celle utilisée par Alexandre Gareau. 

Lors d’une perquisition faite à son domicile le 14 juin 2017, les policiers ont retrouvé dans ses ordinateurs et téléphones pas moins de 545 fichiers de pornographie juvénile. Sur ceux-ci, on peut surtout y voir des garçons âgés entre 6 et 14 en train d’avoir des actes sexuels ou de montrer leurs parties génitales. Il est à noter que les fichiers en question sont semblables à ceux pour lesquels il avait été arrêté en 2013: les garçons ont notamment le même âge. 

Outre la pornographie juvénile, il s’est également livré à du leurre en ayant des communications via Internet avec deux mineurs au cours de l’année 2017 dans le but de faciliter la perpétration d’infractions sexuelles. Des photos explicites ont donc été échangées et des gestes de masturbation ont eu lieu lors de ces conversations. La police a d’ailleurs été en mesure de retracer les victimes, deux garçons âgés de 12 ans environ.

En présence de son avocat, Me Matthieu Poliquin, Gareau a donc admis avoir commis tous ces crimes. Quant à la sentence qui lui sera imposée, il est encore trop tôt pour la connaître. Compte tenu des antécédents judiciaires de Gareau, la Couronne a annoncé qu’elle voulait l’envoyer subir une évaluation à l’Institut Philippe-Pinel. 

L’objectif de cette démarche est de connaître son degré de dangerosité afin de savoir s’il remplit les critères pour être déclaré délinquant dangereux ou à contrôler. La requête visant à obtenir cette ordonnance de renvoi sera présentée le 30 novembre. La défense a précisé de son côté qu’elle avait reçu le mandat de la contester. 

Précisons que le délinquant dangereux est incarcéré pour une période indéterminée et est évalué par la Commission des libérations conditionnelles seulement sept ans après la sentence. Dans le cas d’un délinquant à contrôler, une peine minimale de deux ans d’emprisonnement lui sera imposée. Il sera ensuite sous surveillance pendant 10 ans ou moins au sein de la collectivité.

Pour l’instant, Alexandre Gareau demeure détenu. 

Rappelons que le jeune homme a déjà été condamné à deux ans de pénitencier pour distribution de pornographie juvénile et attouchements sexuels sur un mineur en 2013.

Sa probation de trois ans suivant son incarcération lui interdisait d’utiliser Internet, de se trouver dans un endroit public où des jeunes âgés de moins de 16 ans étaient susceptibles de se tenir, d’occuper un emploi le plaçant en relation avec eux ou même d’avoir des contacts avec eux. Ces interdictions étaient valides pour une période de dix ans.

En 2013, lors de sa première arrestation à Shawinigan, Gareau avait admis avoir eu plus de 2000 fichiers photos et vidéos dans son ordinateur et de les avoir rendus disponibles sur Internet, entre le 4 février 2012 et le 14 février 2013. Il avait aussi plaidé coupable à un chef d’attouchements sexuels sur un jeune de 11 ans en septembre 2012. Gareau était alors âgé de 18 ans.