Des policiers montaient la garde devant un édifice à logements à Montréal, mercredi, où des perquisitions ont été menées en lien avec le suspect de l'attaque au Michigan.

Un policier poignardé par un Québécois au Michigan

L'homme qui aurait poignardé un policier mercredi à l'aéroport de Flint, au Michigan, est un résident du Québec, a annoncé la police fédérale américaine (FBI) lors d'un point de presse.
Le suspect, âgé de 49 ans, a été identifié comme étant Amor Ftouhi dans un communiqué du procureur général des États-Unis.
Les autorités considèrent l'incident comme un possible acte terroriste, mais rien n'indique que l'assaillant était impliqué dans une stratégie «plus vaste», a dit l'enquêteur spécial du FBI David Gelios. L'enquête est en cours, notamment au Canada, a indiqué le FBI.
Le suspect est vu comme un «loup solitaire», a ajouté M. Gelios, précisant qu'«aucune information ne suggère un quelconque entraînement» reçu.
Des témoins ont rapporté que le suspect avait crié «Allahou Akbar» («Dieu est grand» en arabe) durant l'attaque au cours de laquelle le lieutenant Jeff Neville a été poignardé au cou au moyen d'un couteau.
Le policier a survécu à l'attaque et est hospitalisé dans un état stable.
M. Ftouhi a immédiatement été placé en détention. Les procureurs ont annoncé plus tard qu'il était accusé d'avoir commis un acte de violence dans un aéroport.
M. Ftouhi est apparu en Cour fédérale plus tard mercredi, et l'acte d'accusation lui a été présenté. Le tribunal lui désignera un avocat et le porte-parole de la cour David Ashenfelter a indiqué qu'il demeurera en détention jusqu'à une audience sur cautionnement dans une semaine.
Du côté du Canada, des perquisitions étaient menées par la police mercredi après-midi dans un immeuble à logements de Montréal, à la demande du FBI.
Sur des images diffusées par des chaînes de télévision, on pouvait voir au moins une personne escortée par la police à l'extérieur du bâtiment.
Un porte-parole du Service de la police de Montréal (SPVM), Benoît Boisselle, a indiqué que les policiers montréalais épaulaient la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans la perquisition d'un appartement de la rue Bélair, dans le quartier Saint-Michel.
Le propriétaire de l'immeuble, Luciano Piazza, a confirmé qu'une personne appelée Amor Ftouhi vivait dans un des 11 appartements de l'immeuble depuis environ six ans. Il y habite avec sa femme et leurs enfants.
M. Piazza s'est dit surpris de constater que des policiers s'étaient rendus sur les lieux, décrivant l'homme comme «un très bon gars» avec lequel ni lui ni aucun de ses locataires n'ont eu de problème.
Un homme s'étant identifié comme un ami Facebook de M. Ftouhi a affirmé que l'accusé ne ferait même pas de mal «à une mouche».
Kamel Yahyaoui a affirmé dans une conversation sur Facebook avec La Presse canadienne qu'il connaissait M. Ftouhi depuis 20 ans et qu'ils s'étaient rencontrés pour la première fois en Tunisie lorsque celui-ci enseignait au niveau secondaire.
La GRC n'a pour sa part pas donné suite aux appels de La Presse canadienne.
M. Gelios a indiqué que le suspect était entré légalement sur le territoire américain, le 16 juin, par la municipalité de Champlain, dans l'État de New York, et qu'il était arrivé à l'aéroport international Bishop mercredi matin.
Il a précisé que M. Ftouhi avait passé un certain temps au premier étage de l'aéroport avant de monter à un autre étage où il a passé un moment dans un restaurant. Il serait ensuite ressorti en transportant des bagages.
«Il est allé aux toilettes. Il a passé un peu de temps [là]. Il a laissé tomber les bagages et est ressorti, a retiré un couteau, a crié "Allahou Akbar" et a poignardé le lieutenant Neville au cou», a rapporté M. Gelios.
Au moment de l'attaque, l'assaillant aurait fait allusion aux personnes tuées «en Syrie, en Irak et en Afghanistan», ajoutant que «nous allons tous mourir», toujours selon l'information rapportée par le FBI.
Comme il est demeuré dans des zones publiques, M. Ftouhi n'a pas fait l'objet d'un contrôle de sécurité, a expliqué l'enquêteur Gelios.
La police fédérale américaine a en outre affirmé que le suspect avait demandé à un policier qui l'a maîtrisé pourquoi ce dernier ne l'avait pas tué.
Coopération entre les États-Unis et le Canada
Sécurité publique Canada a qualifié l'incident d'«acte odieux et lâche», précisant que les autorités canadiennes étaient en contact avec leurs homologues américains et leur prêtaient assistance de toutes les façons possibles.
«Il y a une coopération complète entre la Gendarmerie royale du Canada, d'autres autorités canadiennes et agences avec tous leurs homologues aux États-Unis, et nous allons faire tout ce qui est possible pour apporter notre soutien dans cette affaire», a dit le ministre canadien de la Sécurité publique, Ralph Goodale.
L'incident est survenu peu avant 10h, mercredi matin, et a entraîné l'évacuation de l'aéroport Bishop ainsi que des mesures de sécurité renforcées ailleurs à Flint, au Michigan.
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, a fait savoir que le président Donald Trump était tenu au courant du déroulement des événements.
La mairesse de Flint, Karen Weaver, a dit que la situation était «maîtrisée», mais que les autorités cherchaient à prendre des précautions supplémentaires.