Un père coupable d’avoir fait «l’éducation sexuelle» de sa fille

TROIS-RIVIÈRES — Un père de Trois-Rivières, âgé de 34 ans, a plaidé coupable, mercredi, à plusieurs infractions liées à des abus sexuels commis sur sa propre fille.

Cet individu, dont on doit taire l’identité pour protéger celle de la victime, a profité d’un congé pédagogique de sa fille de 11 ans pour faire son «éducation sexuelle.» Les délits ont été commis à une seule reprise un matin de novembre ou décembre 2018 et ont duré environ deux heures. Il a notamment fait visionner des vidéos pornographiques dans lesquels la jeune fille pouvait voir des mineurs se masturber et des adultes avoir des relations sexuelles complètes.

Comme l’a expliqué la procureure de la Couronne, Me Catherine Lacoursière, son père lui a alors montré à se masturber, tout en la touchant lui-même aux parties génitales avec un doigt. Il a également utilisé deux vibrateurs pour lui expliquer leur fonctionnement. En plus, il a exigé de l’enfant qu’elle fasse une fellation à un vibrateur pendant qu’il se masturbait à ses côtés. Il lui a aussi demandé de toucher son pénis.

Enfin, il a obligé la petite à se cacher dans le garde-robe de la chambre afin qu’elle puisse l’observer en train d’avoir une relation sexuelle avec sa mère. Entre-temps, l’individu avait appelé cette dernière pour lui demander de revenir à la maison afin d’avoir des relations sexuelles, sous prétexte que leur enfant était à l’extérieur de la maison. Or, une fois les ébats terminés, la mère a découvert avec surprise que sa fille était cachée dans le garde-robe et qu’elle avait été témoin de la scène. Celle-ci était alors traumatisée et sous le choc. Elle a tenté de la réconforter mais elle a été incapable d’aborder le sujet avec son enfant. Elle ignorait également ce qui était arrivé auparavant.

Deux mois plus tard, la petite s’est confiée à une travailleuse sociale de son école, ce qui a entraîné la mise en place de l’entente multisectorielle avec les autorités concernées pour protéger l’enfant. Elle n’a d’ailleurs plus jamais revu son père. Quant à la mère, elle a quitté cet homme dès qu’elle a été informée des abus sexuels.

Au terme d’une enquête policière, plusieurs accusations ont été portées contre l’agresseur. Lors de son retour devant le tribunal, il a donc plaidé coupable à des chefs d’attouchements sexuels, d’incitation à des contacts sexuels, d’avoir rendu accessible du matériel sexuellement explicite afin de faciliter la perpétration d’une infraction sexuelle et d’avoir corrompu son enfant en participant à une immoralité sexuelle ou à toute autre forme de vice. Il a également admis avoir commis un bris de condition en contactant son ex-conjointe en dépit d’une interdiction.

Son avocat, Me Yan Primeau, a cependant tenu à préciser que son client reconnaissait avoir fait visionner de la pornographie adulte à sa fille mais pas de la pornographie juvénile. À ce sujet, aucune accusation n’a d’ailleurs été portée.

Me Primeau a aussi indiqué que son client avait à l’époque des problématiques d’alcool et de stupéfiants. Depuis, il a suivi une thérapie et serait devenu abstinent. Il a également entrepris des démarches pour participer au Programme d’évaluation et de traitement des agressions sexuelles.

À la demande des deux avocats, le juge Simon Ricard a ordonné que des rapports présentenciel et sexologique soient confectionnés pour vérifier entre autres le risque de récidive et la présence d’une problématique sexuelle chez cet homme.

Il devra revenir en cour le 10 juin au stade des plaidoiries sur sentence.