Un père aurait forcé sa fille de 12 ans à lui montrer ses seins

Trois-Rivières — Le procès de cet homme accusé d’avoir agressé sexuellement sa fille et sa belle-fille s’est poursuivi mardi, au palais de justice, de Trois-Rivières avec le témoignage de sa propre fille.

Cette dernière soutient que son père l’aurait agressée et séquestrée à une reprise lorsqu’elle avait 12 ans. Selon ce qu’elle a raconté au juge Jacques Trudel, il l’aurait obligée à lui montrer ses seins sous prétexte qu’il les trouvait trop gros pour son âge ou qu’elle avait rembourré sa brassière. «Il m’a emmenée de force dans la salle de bains en me poussant avec ses coudes et a fermé la porte. Il m’a dit: «Je vais mettre mes mains en arrière de mon dos et je ne te toucherai pas. Aweye, go, lève ton chandail. Je l’ai levé et je l’ai rabaissé tout de suite et je suis partie», a-t-elle raconté.

Dans son témoignage, elle a également affirmé que son père lui avait montré une vidéo de pornographie pendant une activité de camping familial mais qu’elle avait refusé de la regarder. Elle était alors accompagnée de l’autre présumée victime dans cette affaire, soit la belle-fille du suspect.

Rappelons que l’accusé, dont on doit taire l’identité pour protéger celles des deux présumées victimes, est soupçonné également de s’être livré à des abus sexuels sur sa belle-fille souffrant d’une déficience intellectuelle à quelques reprises alors qu’elle était âgée de 16 ans environ. Les délits auraient été commis entre août 2012 et mai 2015. Il lui aurait notamment montré comment caresser son pénis, il se serait masturbé devant elle et il lui aurait fait un cunnilingus.

Ses propos avaient aussi révélé que le suspect et sa mère, (en couple depuis huit ans) lui auraient fourni un vibrateur et qu’ils lui auraient tous les deux montré comment l’utiliser. Elle avait également fait état d’un mode de vie plutôt libertin tel que du naturisme dans la maison, la consommation de pornographie et une activité d’échangisme avec un autre couple. La jeune fille a d’ailleurs été retirée de ce milieu et placée en famille d’accueil.

Âgé de 42 ans, le suspect, qui est défendu par Me Mario Melançon, a pu donner sa versions des faits mardi. D’emblée, il a admis qu’il n’avait pas été le meilleur père en raison de ses problèmes de drogue et d’alcool mais que jamais, il n’avait abusé de ses enfants. Il prétend avoir traité sa belle-fille comme si c’était la sienne. Toutefois, il lui impute une grosse problématique de déviance sexuelle et ce, depuis plusieurs années. «Elle nous posait beaucoup de questions sur la sexualité mais lorsqu’elle nous a demandé de faire l’amour devant elle et de se masturber, on est tombé des nues parce que c’était beaucoup trop déplacé», a-t-il mentionné.

Lui et sa conjointe ont ensuite fait appel au CRDI pour obtenir les services d’un spécialiste. Plus tard, en contre-interrogatoire de Me Catherine Roberge, on a toutefois pu apprendre qu’un sexologue avait auparavant offert ses services pour aider l’enfant et ce, dès 2013 mais que la mère aurait refusé. Ce n’est qu’en 2015 que le spécialiste aurait pu intervenir.

Selon sa version, c’est également la jeune fille qui passait son temps à se masturber dans sa chambre et à regarder de la pornographie au point qu’il a dû lui enlever son ordinateur, ce qui a déclenché chez elle une crise.

Quant au vibrateur, il a précisé qu’il s’agissait d’un cadeau offert à la plaignante par sa mère pour ses 16 ans. «Ça faisait deux ans qu’elle nous en demandait un. Sa mère a décidé de lui offrir pour calmer ses pulsions sexuelles surtout que ça lui causait des problèmes à l’école. Elle avait entre autres harcelé un garçon», a-t-il ajouté. Il soutient ensuite que la mère s’est chargée d’expliquer seule à seule avec sa fille la méthodologie de l’appareil.

Quant aux gestes reprochés sur sa propre fille, il nie. Il prétend plutôt l’avoir obligée à retirer les trois brassières et les «bourrures» qu’elle portait sous son chandail. «Je l’ai chicanée et sincèrement, elle n’a pas aimé», a-t-il ajouté.

En ce qui concerne sa participation dans un trip à quatre avec un autre couple tel que rapporté par l’une des plaignantes, il y est allé d’une explication pour le moins farfelue. Il a en effet prétendu que lui et sa conjointe avaient loué une suite dans un hôtel avec un couple d’inconnus rencontré sur les réseaux sociaux pour seulement y prendre un verre et jouer de la musique. Il avait alors apporté le jeu Exxxcitation sans savoir que les cartes proposaient des échanges de nature sexuelle qui allaient beaucoup plus loin que de simples baisers ou des massages d’oreille, ce qui l’avait mis en colère et forcé à quitter les lieux parce qu’il était en désaccord.