Un père accusé de violence sur ses quatre enfants

Trois-Rivières — De nouvelles accusations ont été portées mardi contre cet individu soupçonné d’avoir fait preuve de violence conjugale extrême envers sa femme au cours des 15 dernières années.

L’enquête a en effet permis le dépôt d’accusations pour des gestes de violence qui auraient été commis sur ses quatre enfants, dont un bébé qui avait alors 18-20 mois. La procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, a en effet autorisé contre lui sept nouveaux chefs pour des voies de fait simples et des voies de fait armées. Le prévenu aurait notamment utilisé un tournevis et un bâton pour s’en prendre à ses enfants. 

L’un d’eux aurait également été la cible de tirs avec une carabine à plombs. Quant au bébé, il aurait été victime de voies de fait simples. Les actes reprochés seraient survenus entre septembre 2013 et janvier 2018. 

Rappelons que cet homme, âgé de 45 ans, est présentement détenu pour des gestes de grande violence qui auraient été commis envers sa conjointe. Il avait été arrêté le 24 janvier dans sa résidence de Pointe-du-Lac lors d’un important déploiement policier. Le suspect, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des présumées victimes, avait en sa possession huit fusils à plombs, un fusil de calibre .12 , une arme de calibre .22, une arbalète et une arme à impulsion électrique, sans compter de nombreuses munitions. 

Ces armes étaient disposées un peu partout dans la maison de façon non conforme ni sécuritaire.

Le suspect aurait d’ailleurs utilisé ces armes pour se livrer à des gestes de violence et des menaces contre sa conjointe, et ce, à quelques reprises en déchargeant notamment un fusil à plombs sur elle ou en la menaçant d’utiliser son fusil de calibre 12.

Dans le cadre d’une déclaration aux policiers, la présumée victime aurait avoué que c’est elle-même qui tentait tant bien que mal d’enlever les plombs logés dans sa peau. La violence se serait également manifestée par des coups de poing et des coups de pied. En 2014, il lui aurait fracturé une cheville avec un bâton de baseball. Le 27 décembre dernier, il lui aurait lancé un couteau sur le corps. Enfin, le 24 janvier dernier, il aurait de nouveau déchargé son fusil à plomb en sa direction. Les textos menaçants qu’il lui aurait envoyés le lendemain auraient incité la femme à porter plainte, car elle craignait pour sa sécurité et celle de ses enfants.

Il avait alors été accusé de voies de fait armées avec un couteau, un bâton de baseball et un fusil à plombs, de voies de fait causant des lésions corporelles et de menaces de mort contre sa conjointe, de plusieurs infractions en lien avec la possession d’armes et leur entreposage et de bris d’engagement.

Lors d’une enquête sur caution, on avait aussi pu apprendre que le couple vivait ensemble depuis 19 ans mais que les premiers épisodes de violence remonteraient à 2002. Le suspect avait indiqué dans sa défense qu’il souffrait d’un traumatisme craniocérébral et de maux de dos sévères à la suite d’un accident de moto survenu il y a quelques années, mais aussi d’un TDAH et d’anxiété. 

La juge Dominique Slater avait ensuite conclu que le risque de récidive était toujours présent et que, par conséquent, la protection de la victime et des autres témoins devait être assurée. Elle avait donc ordonné sa détention durant les procédures judiciaires. 

Au départ, aucune accusation n’avait été portée contre lui pour de la violence envers les enfants. L’enquête policière avait permis d’établir qu’ils avaient été témoins de la violence conjugale mais on attendait de pouvoir les rencontrer pour savoir s’ils avaient eux aussi été malmenés, d’où le dépôt des nouvelles accusations mardi.

Notons par ailleurs que le suspect a changé d’avocate. 

Il sera maintenant représenté par Me Pénélope Provencher. Celle-ci a demandé à ce que la cause soit reportée au 12 avril pour lui laisser le temps de prendre connaissance de l’ensemble de la preuve.