Un homme accusé d’inceste sur sa demi-sœur

TROIS-RIVIÈRES — Une autre affaire de mœurs a été dévoilée, mercredi, au palais de justice de Trois-Rivières avec le procès d’un homme accusé d’avoir abusé sexuellement de sa demi-sœur pendant huit ans.

Le suspect, dont on ne peut dévoiler l’identité pour protéger celle de la présumée victime, est présentement âgé de 38 ans. Les gestes auraient débuté en 2004 alors qu’il demeurait à Trois-Rivières. Il avait alors 24 ans. Quant à la victime alléguée, elle était âgée de 7 à 8 ans lorsque les événements auraient commencé. 

Ce sont d’ailleurs 12 chefs pour des agressions sexuelles, attouchements sexuels et inceste qui ont été portés contre lui. Les événements seraient survenus entre 2004 et 2012 à Trois-Rivières, mais aussi à Shawinigan et Saint-Alphonse-de-Rodriguez. 

Dans le cadre du procès qui s’est ouvert mercredi devant le juge David Bouchard, le procureur de la Couronne, Me Christian Trudel, a appelé à la barre des témoins la mère du suspect et de la présumée victime. Elle a raconté que vers l’âge de 7 ou 8 ans, sa fille lui aurait avoué que son demi-frère aurait mis sa main dans sa petite culotte et lui aurait touché la vulve. Sous le choc, la dame en aurait immédiatement parlé à son demi-frère. 

«Il n’a pas nié, il n’a pas dit oui; en fait, il n’a pas eu de réaction. Je lui ai dit que c’était épouvantable. Il m’a alors rappelé qu’il venait de passer cinq ans chez les frères. Il disait avoir fait une erreur et qu’il ne le ferait jamais plus», a-t-elle relaté. 

Or, l’enfant serait revenue à la charge plus tard en se plaignant à nouveau auprès de sa mère d’attouchements sexuels. «Je lui ai alors demandé ce qu’il lui avait fait et elle m’a répondu: tout», a-t-elle indiqué à la cour. 

Dès lors, elle aurait eu plusieurs discussions avec son fils sur la pédophilie et les dommages qu’elle cause chez les enfants. «Il m’a dit qu’il avait une sexualité très forte, mais aussi qu’il avait des regrets et qu’il voulait se faire castrer. Il m’a parlé de caresses, mais a nié l’avoir pénétrée», a-t-elle ajouté. 

Cette affaire a évidemment causé une crise importante au sein de la famille de sorte qu’elle a coupé les liens avec son fils en 2014. «Encore aujourd’hui, je suis vraiment déchirée par cette situation», a-t-elle laissé tomber avec un grand soupir. 

Lors du contre-interrogatoire mené par l’avocat de la défense, Me Jean Dury, elle a cependant précisé que le suspect était peu souvent à la maison familiale. À partir de novembre 2006, il venait avec sa conjointe ou ses enfants.  Elle a aussi avoué que le prévenu et sa demi-sœur étaient très proches l’un de l’autre sans pour autant y avoir vu des gestes à connotation sexuelle. Elle le considérait au départ comme le grand frère qui protège sa petite sœur. 

L’ancienne conjointe du suspect a elle aussi témoigné. Cette dernière a constaté que celui-ci avait un comportement pour le moins particulier avec sa demi-sœur pendant trois mois à l’hiver 2006-2007. Selon elle, ils se tenaient les mains croisées comme des amoureux et se touchaient les cuisses lorsqu’ils étaient assis l’un à côté de l’autre. Elle a aussi déploré le fait qu’il allait la border. Elle en a parlé à la jeune fille et à son conjoint et les gestes auraient ensuite cessé. 

Le procès va se poursuivre jeudi matin.