«Un crime particulièrement odieux»

La Tuque — Un individu d’une cinquantaine d’années de La Bostonnais, en Haute-Mauricie, a pris le chemin de la prison, mardi, pour des agressions sexuelles sur une enfant âgée de moins de 16 ans. La jeune victime demeurait en famille d’accueil chez l’accusé depuis plus de 18 mois au moment des infractions.

Le juge Jacques Trudel l’a condamné à 24 mois d’emprisonnement moins un jour et à une période de probation de trois ans durant laquelle il devra respecter de nombreuses conditions.

«L’enfant était vulnérable parce qu’elle était en famille d’accueil. Un enfant retiré de son milieu naturel est nécessairement plus vulnérable. […] Vous étiez en situation d’autorité et de confiance face à cette enfant-là», a noté le juge.

«Ça constitue un crime particulièrement odieux qu’une société ne peut pas tolérer», a-t-il ajouté.

Au total, neuf événements ont été dénoncés par la victime, entre autres, des attouchements aux seins, des pénétrations digitales qui auraient eu lieu dans le camion de l’accusé ainsi que deux événements de cunnilingus pratiqués par le suspect sur la victime. La victime a également mentionné des touchers aux cuisses. Il faut dire qu’elle avait filmé l’accusé en train de se commettre.

Dans sa décision, le juge a tenu compte du plaidoyer de culpabilité de l’accusé, mais aussi des risques de récidive jugés de faible à modéré par les experts qui ont évalué l’accusé.

«Il y a un risque de récidive. Le Tribunal doit en tenir compte de la nécessité de protéger la victime ou toute autre victime potentielle», a indiqué le juge Trudel.

«Selon les évaluations, il est impératif, nécessaire, très important que vous entrepreniez une thérapie pour régler vos problèmes et diminuer les risques de récidives», a-t-il ajouté.

Le juge a pris en considérant plusieurs facteurs aggravants pour rendre sa sentence, entre autres, la longue période, le nombre d’attouchements, la situation d’autorité, et le fait que l’accusé minimisait les gestes qu’il avait posés. «La responsabilisation de l’accusé par la peine imposée est importante surtout dans ce cas-ci, parce que même si vous plaidez coupable, vous ne manifestez pas de véritables regrets ni de véritable prise de conscience du tort causé à la victime […] Vous avez plutôt un discours justificatif, déresponsabilisant», a mentionné le juge Trudel.

Ce dernier a également insisté sur le fait que les abus de nature sexuelle sur des enfants étaient des infractions qui devaient faire l’objet de dénonciation et de dissuasion particulières.

L’accusé devra également fournir un échantillon d’ADN aux autorités et s’inscrire au Registre des délinquants sexuels pour 20 ans.