Julie Dionne, chef de service Loi du système de justice pénale pour adolescents, secteur DPJ-DP au CIUSSS-MCQ et Natacha Brunelle, directrice scientifique du Ré-So 16-35 et professeure au département de psychoéducation à l’UQTR.
Julie Dionne, chef de service Loi du système de justice pénale pour adolescents, secteur DPJ-DP au CIUSSS-MCQ et Natacha Brunelle, directrice scientifique du Ré-So 16-35 et professeure au département de psychoéducation à l’UQTR.

Un colloque pour mieux aider les jeunes délinquants

TROIS-RIVIÈRES — L’intervention auprès des jeunes délinquants était au coeur d’un important colloque qui se tenait vendredi à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Réunissant près de 300 personnes, dont la plupart sont des intervenants de première ligne, le colloque «Jeunes judiciarisés aux défis particuliers» répondait à une demande de plus en plus grandissante dans le milieu, où cette réalité pose son lot de défis quotidiens auxquels il est impératif de s’adapter.

«La clientèle contrevenante a changé. On est loin du délinquant structuré. Il faut faire les choses différemment. Il y a des jeunes qui ont des déficiences intellectuelles, des troubles de l’attachement, qui sont multi-traumas, qui font de l’acting out, qui peuvent avoir des comportements violents», constate Julie Dionne, chef de service Loi du système de justice pénale pour adolescents, secteur DPJ-DP au CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec.

C’est donc un partenariat avec le CIUSSS-MCQ et le programme de recherche en partenariat Ré-So 16-35 qui a permis d’en venir à cette organisation, qui proposait une multitude de conférences et d’ateliers afin de permettre aux intervenants de mieux s’outiller. Des représentants du Réseau Équi-Justice, de la Sûreté du Québec de même que le Bureau des affaires jeunesse du Directeur des poursuites criminelles et pénales ont aussi pris part à l’organisation. Que ce soit des policiers, des procureurs ou encore des intervenants sociaux, chacun est venu y remplir sa boîte à outils afin de faire face aux défis que représente cette clientèle.

«C’est le sujet le plus rassembleur en ce moment, car les gens ne savent pas comment intervenir. Ils veulent bien faire les choses, mais c’est difficile de savoir quoi faire. C’est pour ça qu’on a beaucoup d’ateliers qui portent sur la santé mentale de ces jeunes, les troubles d’attachement. On a un atelier au niveau de la déficience intellectuelle. Notre apport est de vulgariser de l’information qu’on va chercher par le biais de la recherche pour les meilleures pratiques», résume Natacha Brunelle, directrice scientifique du Ré-So 16-35 et professeure au département de psychoéducation à l’UQTR.

Outre l’intervention lors des infractions et de la judiciarisation, les spécialistes du milieu s’intéressent tout autant à l’accompagnement des jeunes vers la réinsertion sociale et le passage à la vie adulte, deux passages cruciaux dans leur vie qui, bien souvent, se chevaucheront.

À travers les nombreux ateliers proposés, la Direction de la police de Trois-Rivières faisait état de leur projet pilote d’intégration d’une travailleuse sociale en milieu policier, en présence de la travailleuse sociale Marylène Ménard et de Stéphanie Marion, capitaine responsable de la Division soutien opérationnel pour la police de Trois-Rivières.

D’autres ateliers portant sur l’intervention en matière de santé mentale chez les jeunes auteurs d’infraction, les traumatismes et les troubles de santé mentale, l’évaluation de la dangerosité, les diagnostics psychiatriques étaient également au programme de cette journée, qui pourrait bien devenir un rendez-vous annuel pour le milieu.

«C’était une première expérience et la demande a été si forte que nous avons dû refuser des gens. Ça démontre que ça répond réellement à un besoin», considère Julie Dionne.