C'est dans cette cage que la bête morte a été retrouvée. Celle-ci était décédée depuis deux semaines à un mois. Les locataires ont quitté l'endroit dans les derniers jours.

Un chien trouvé en décomposition dans sa cage

L'histoire de ce berger allemand sous-alimenté qu'a accueilli la Société protectrice des animaux de la Mauricie (SPA) le 2 juillet dernier vient de connaître un nouveau rebondissement. Une perquisition à l'ancien logement de ceux qu'on croit être les propriétaires du chien a permis de découvrir le cadavre d'une autre bête dans un appartement des plus insalubres.
<p>Anne Dumont, une voisine, explique qu'il était possible de sentir l'odeur putride même à l'extérieur du logement où a été retrouvé le chien.</p>
<p>Un berger allemand récupéré par la SPA Mauricie la semaine dernière appartiendrait au couple qui habitait dans le logement où un chien a été retrouvé mort.</p>
C'est à la suite d'une plainte du voisinage que les policiers sont intervenus lundi matin au logement de la rue Saint-Maurice dans le secteur Cap-de-la-Madeleine en compagnie du gestionnaire de l'endroit.
La scène qui s'offrait à eux était loin d'être agréable, tant pour les yeux que pour les narines. Une quantité très importante d'excréments jonchait le sol alors qu'une forte odeur d'urine était perceptible même à l'extérieur du bâtiment.
Les forces de l'ordre ont alors fait la macabre découverte d'un jeune chien en décomposition depuis deux semaines à un mois. Celui-ci était à l'intérieur d'une cage.
«Le policier qui est intervenu ne pouvait dire de quel race il s'agissait», explique la porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières, Carole Arbelot.
La SPA a été dépêchée sur les lieux afin de recueillir les restes de la bête.
«Lorsque notre patrouilleur est arrivé, il a dû enfiler un masque afin d'éviter de respirer cette odeur nauséabonde et putride», raconte le directeur général de l'organisme, Serge Marquis.
Les locataires des lieux, tous deux dans la vingtaine, n'étaient plus sur place, puisque ceux-ci ont quitté l'endroit pour emménager dans un nouvel appartement la semaine dernière. C'est donc dire qu'ils ont vécu à cet endroit alors que le chiot était mort. Ce sont des voisins qui ont décidé de porter plainte, puisque l'une d'elle, Anne Dumont, a reconnu le berger allemand dans le reportage du Nouvelliste.
«J'ai tout de suite reconnu Sniper (le nom donné au chien). On l'entendait hurler tout le temps. Il y avait aussi une chienne dans l'appartement et elle venait d'avoir une portée de neuf bébés.»
Selon elle, ce sont les maîtres du berger allemand qui ont eux-mêmes transporté l'animal à la SPA. Ceux-ci avaient alors dit que l'animal avait été retrouvé gisant au pied d'un arbre.
«Je les ai vu le sortir du logement dans une couverte. La propriétaire me disait souvent qu'il était malade, qu'il avait un cancer, et c'est pourquoi il était si maigre. Elle me disait qu'elle ferait tout pour son chien, mais ce n'était pas vrai. J'imagine qu'elle était trop honteuse pour l'amener chez le vétérinaire. Ils sont passés pour des héros pour ne pas payer (l'euthanasie), pour ne pas être jugés et pour que personne n'appelle la police», croit Mme Dumont.
Le propriétaire de l'édifice à logements avait laissé la direction de l'endroit à une firme, Gestion immobilière de Montigny, la semaine dernière.
Les nouveaux gestionnaires ont eu toute une surprise en constatant l'état des lieux lundi matin, eux qui n'avaient pas encore visité l'endroit.
Le vice-président de la firme, Patrick Toussaint, estime que des dommages de 12 000 $ ont été causés à l'endroit, qui devra être rénové de fond en comble.
«Il faudra tout retirer. En plus, les planchers sont en bois et nous avons l'impression que tout a été imbibé», ajoute-t-il.
<p>De nombreux déchets et excréments ont été retrouvés dans l'appartement du secteur Cap-de-la-Madeleine.</p>
Des accusations criminelles?
L'enquête se poursuit du côté de la Sécurité publique de Trois-Rivières, qui tentera de retrouver le locataire et l'interroger prochainement. Des accusations de cruauté animale pourraient être déposées, tout dépendant de la version des locataires.
Le gestionnaire de l'endroit espère que des poursuites pour négligence et méfait seront aussi ajoutées à cette liste. Serge Marquis, de la SPA, est du même avis.
«J'espère que des sanctions seront prises. C'est tout à fait inacceptable. Les mots me manquent en 2014 pour savoir ce qui peut pousser des gens sains d'esprit à laisser mourir des animaux comme ça. Ça me dépasse.»
Ironie du sort, Mme Dupont, qui a accueilli les patrouilleurs de la SPA à son domicile afin de leur donner de l'information sur ce dossier, s'est fait remettre deux factures pour un total de 80 $ de la part de l'organisme, puisque les enregistrements de ses deux chiens n'étaient pas à jour.