L'enquêteur Gilbert Lemelin et Sundae.

Un chien pour accompagner les victimes

Témoigner devant un juge est souvent une expérience stressante. Mais pour les personnes vulnérables, un nouveau service offert par la Sûreté du Québec vient apaiser la participation au processus judiciaire.
La SQ met un chien d'accompagnement à la disposition des personnes vulnérables, comme des enfants et des personnes déficientes intellectuellement. Son rôle: offrir une présence rassurante aux personnes qui doivent être rencontrées par des enquêteurs ou interrogées par des avocats durant un procès.
«On est là pour apporter du réconfort dans le processus. C'est un moyen pour favoriser le témoignage d'une personne. Et on se déplace aussi lors d'événements majeurs en situation post-traumatique en soutien aux familles», raconte Gilbert Lemelin, enquêteur de la SQ en soutien aux victimes.
Ce service a été lancé en février. Deux policiers de la SQ couvrent la totalité du territoire québécois. Les procureurs, les enquêteurs ou les intervenants sociaux sont la porte d'entrée à ce service.
Mardi, les visiteurs du palais de justice de Trois-Rivières ont pu remarquer Sundae, une belle représentante de la race des labernois âgée de deux ans. Ce chien dressé par l'organisme Mira a la mission de se coucher aux pieds d'une personne et de se laisser caresser quand ladite personne a besoin d'un moment de réconfort.
Pour cette première visite au palais de justice de Trois-Rivières, Sundae a accompagné une présumée victime de crimes sexuels qui témoignait à un procès. La femme a une déficience intellectuelle. Elle a expliqué au juge Jacques Trudel qu'elle avait fait la connaissance de Sundae vendredi et que sa présence faisait diminuer son stress.
Kevlar, un autre chien du service de soutien aux victimes, a été appelé à sécuriser le fils d'Ugo Fredette à l'issue de la cavale ayant suivi son enlèvement, la semaine dernière. Le chien a accompagné le garçon de six ans lorsqu'il a été rencontré par les policiers.
«Les gens me disent qu'ils se sentent rassurés par la présence d'un chien, confirme l'enquêteur de l'escouade des crimes majeurs. Ils disent aussi qu'ils ne se sentent pas jugés pour ce qu'ils disent, car le chien ne comprend pas ce qu'ils disent.»
M. Lemelin rappelle qu'à Saint-Hyacinthe, un enfant de six ans devait témoigner dans une cause d'abus physiques. Sans la présence du chien, qui avait rencontré l'enfant au préalable, ce dernier n'aurait pas témoigné.
La SQ s'assure que le chien du service de soutien respecte le décorum d'une salle de cour. M. Lemelin accompagne toujours son amie à quatre pattes et s'assoit à proximité afin de s'assurer que tout va bien. 
Sundae a participé à une vingtaine d'accompagnements, dont trois durant des procès. Et effectivement, tout va bien.
«Je l'ai vue à Matane, se rappelle M. Lemelin. Elle est restée couchée durant un témoignage de cinq heures.»
À son quatrième procès, mardi à Trois-Rivières, Sundae a été d'un calme et d'un respect remarquables. Bref, un comportement exemplaire dont ne peuvent se targuer certains accusés.