Alexis Vadeboncoeur a plaidé coupable à une vingtaine de chefs d'accusation, jeudi, au palais de justice de Trois-Rivières.

Trois-Rivières verse 25 000 $ à Alexis Vadeboncoeur (vidéo)

Une entente hors cour est survenue entre la Ville de Trois-Rivières et Alexis Vadeboncoeur dans le dossier de la poursuite civile de 2,3 millions $ en lien avec l'arrestation musclée dont le jeune homme avait été victime en février 2013.
Dans un seul but d'économiser l'argent des contribuables, la Ville de Trois-Rivières a en effet décidé de mettre un terme à cette poursuite qui la visait en versant 25 000 $ au jeune homme. «Ça nous choque de devoir payer pour ça, mais nous préférons lui donner 25 000 $ plutôt que d'aller en cour et tenir un procès qui nous aurait peut-être coûté 100 000 $ en bout de ligne. C'est de la bonne gestion», a indiqué Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières.
Un autre élément qui a pesé dans la balance est la capacité de payer d'Alexis Vadeboncoeur. «Les chances qu'il soit capable de rembourser les honoraires de nos avocats dans l'éventualité où il perdrait la poursuite sont également très minces. Nous voulons mettre le couvercle sur cette affaire. C'est le prix à payer pour un manque de professionnalisme des policiers. Si leur travail avait été fait selon les règles de l'art, cela aurait été autre chose. Nous agissons de la sorte pour économiser de l'argent parce que ça ne nous fait vraiment pas plaisir de donner de l'argent à un individu qui a commis un vol à main armée», a-t-il ajouté.
En aucun temps d'ailleurs, la Ville ne se reconnaît une quelconque responsabilité dans cette entente hors cour. Quant aux quatre policiers visés par la poursuite soit Kaven Deslauriers, Marc-André Saint-Amant, Barbara Provencher et Dominic Pronovost, les procédures civiles sont toujours maintenues. Il n'y a aucune entente de ce côté. Rejoint hier à ce sujet, Louis Lesage, président de l'Association des policiers-pompiers de la Ville de Trois-Rivières, n'a pas voulu commenter pour l'instant.
Rappelons que le jeune Vadeboncoeur avait fait l'objet d'une arrestation musclée de la part de policiers de Trois-Rivières en février 2013 à la suite d'un vol dans une pharmacie. Il purge depuis avril dernier une peine d'emprisonnement de 54 mois pour ce délit et plusieurs autres infractions qu'il a commises par la suite, dont un deuxième vol dans cette même pharmacie.
De leur côté, les policiers avaient par la suite été accusés de voies de fait armés, voies de fait causant des lésions corporelles, utilisation d'une arme à feu de manière négligente, tentative d'entrave en cachant l'existence d'une vidéo, avoir fait des faux documents, contrefaçon de documents et entrave à la justice en fabricant des faux rapports. Leur enquête préliminaire a commencé en juillet dernier. Elle va se poursuivre les 8 et 10 octobre.
Parallèlement aux procédures criminelles, Vadeboncoeur a aussi déposé une poursuite civile de 2,3 millions $ contre ces policiers et la Ville de Trois-Rivières pour les blessures subies, atteinte à l'intégrité physique et psychologique, atteinte à la dignité et dommages moraux. La requête introductive avait été déposée le 20 juin 2013.
D'un autre côté, il est à noter que cette poursuite fait présentement toujours l'objet d'un appel logé par l'avocat de Vadeboncoeur, Me René Duval. Dans le cadre des procédures civiles, Vadeboncoeur devait en effet participer à un interrogatoire à la fin de janvier dernier mais il ne s'y était pas présenté, étant alors en pleine cavale après avoir fui au début de janvier le centre de thérapie où il résidait. Son avocat n'avait donc pas pu présenter une déclaration de dossier complet dans les 180 jours suivant le début de l'instance.
Il avait donc demandé en mai d'être relevé du défaut de produire une inscription sur enquête et audition mais sa requête avait été rejetée par la Cour supérieure, sous prétexte que la cavale de Vadeboncoeur n'avait pas créé d'impossibilité d'agir.
Me Duval a donc décidé de contester cette décision qui invalidait la poursuite civile de 2,3 millions $ intentée par son client en logeant un appel sous prétexte que le juge a commis des erreurs de droit et des erreurs dans l'appréciation de la preuve et des témoignages.