Trois mois de prison pour Maxime Lemay

Maxime Lemay a réglé ses comptes avec la justice mardi. Cet agriculteur de Saint-Pierre-les-Becquets a plaidé coupable à des accusations d'incitation à des contacts sexuels, de leurre informatique et de possession de pornographie junévile, ce qui le conduit à une peine de 90 jours de prison qui sera purgée de façon discontinue.
L'enregistrement d'un plaidoyer de culpabilité à ces trois accusations a été la conclusion d'une négociation amorcée entre l'avocat de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, et l'avocat de Lemay, Me Simon Ricard.
Les discussions ont amené la Couronne à accepter que les accusations soient portées selon le mode d'infraction sommaire. Cette modification fait en sorte que la peine minimale dans ce genre de type d'infraction est moindre que l'acte criminel, type de poursuite sous lequel les accusations avaient été déposées à l'origine.
«On a changé le mode pour favoriser une perspective de règlement, explique Me Beauchamp-Laliberté. Les faits pouvaient justifier une accusation par procédure sommaire, car il s'agissait de conversations. Et il n'y a pas une personne réelle d'impliquée.»
Les faits auxquels fait référence l'avocat de la Couronne indiquent qu'en novembre 2012, cet homme de 32 ans a tenu via Facebook des conversations à caractère sexuel avec une personne qu'il croyait être une adolescente de 14 ans. En réalité, Lemay communiquait avec une agente d'infiltration de la Sûreté du Québec.
Lemay a d'ailleurs planifié un rendez-vous avec son amie Facebook à un cinéma de Beloeil. Les forces de l'ordre y ont épinglé cet individu qui a un antécédent judiciaire d'action indécente.
L'accusation de possession de pornographie juvénile est en lien avec le contenu des conversations tenues entre Lemay et l'agente d'infiltration de la SQ par Facebook. Aucun document visuel n'a été saisi dans cette affaire.
La juge Dominique Slater a accepté la suggestion commune soumise par les deux avocats même si elle a dit que, sans être déraisonnable, la peine n'était pas sévère. La juge Slater a toutefois souligné que ce genre d'infraction doit entraîner l'imposition d'une peine qui soit dénonciatrice et dissuasive.
Le verdict de 90 jours de prison est la peine minimale pour ce genre de délit. Comme il a déjà purgé six jours en détention préventive, Lemay devra passer 84 jours en prison à compter du 8 février de façon discontinue, question de lui permettre de conserver son entreprise qu'il exploite seul.
Il devra respecter une période de probation de 18 mois. Il lui est interdit de se trouver seul en présence de personnes mineures. Il ne peut posséder d'ordinateur relié à Internet, mais il peut travailler avec un ordinateur pour le bon fonctionnement de son entreprise.
Lemay devra se soumettre à un prélèvement d'échantillon d'ADN. Il sera inscrit au registre des délinquants sexuels à perpétuité.
«Le facteur qui militait en faveur des négociations est l'entreprise de M. Lemay. La peine minimale (si les accusations avaient été maintenues selon le type d'infraction original) est de 12 mois. C'est un bon règlement», commente Me Simon Ricard.