C'est dans cette résidence de Saint-Mathieu-du-Parc que Jocelyne Pellerin a été assassinée. Claude Duquette a quant à lui réussi à prendre la fuite.

Trois heures d'enfer

Claude Duquette et sa conjointe, Jocelyne Pellerin, craignaient depuis un certain temps que Sylvain Duquette puisse s'en prendre à eux, au point qu'ils s'étaient improvisé un abri dans la salle de lavage de leur résidence de Saint-Mathieu-du-Parc. C'est ce qu'a raconté vendredi matin Josée Dandurand, la belle-fille de Jocelyne Pellerin, qui était encore secouée par le drame survenu dans la nuit de mercredi à jeudi.
En entrevue à l'émission de Paul Arcand, au 98,5FM, Mme Dandurand a expliqué que Sylvain Duquette a séquestré pendant près de trois heures Claude Duquette et Jocelyne Pellerin avant de mettre à exécution son macabre plan. 
«Il (Claude Duquette) nous a dit que ça avait duré trois heures. Il les a attachés tous les deux. Cou, poignets, pieds, taille, après des chaises.
Il a tout cassé dans la maison. Il criait. Je ne sais pas ce qu'il leur disait. Il leur lançait de la moutarde, du vinaigre, toutes sortes d'affaires. Un moment donné, mon beau-père lui a dit: ''Mets-moi proche de Jocelyne, je veux mourir à côté d'elle''. Il a dit: ''Non. Toi, ce n'est pas ça que je te réserve''. Il l'a laissé loin, il a tiré ma belle-mère», raconte Mme Dandurand, la voix brisée.
Claude Duquette a quitté l'hôpital jeudi. Bien qu'il ait subi un violent choc nerveux, Mme Dandurand a expliqué qu'il n'aurait pas eu de brûlures ou de blessures graves. 
La thèse de l'argent et de la vengeance semble la plus plausible pour la famille de Jocelyne Pellerin, qui savait depuis un certain temps que les relations étaient difficiles entre Sylvain Duquette et son père. «Il ne travaillait plus. Dans le fond, lui, il ne voulait pas travailler à 15 $ de l'heure. Son père lui en a toujours donné beaucoup. On lui disait que ce n'était pas une bonne idée, qu'on devrait montrer aux gens à pêcher et ne pas donner le poisson. Mais il lui en donnait. Un moment donné, il a arrêté», se souvient Josée Dandurand.
En raison de ses problèmes financiers, Sylvain Duquette avait perdu sa maison et son permis de conduire. «Mon beau-père lui a dit: ''Regarde, je vais y aller avec toi, le payer ton permis de conduire''. Mais non, il voulait de l'argent. Quand on a de l'argent, on peut faire ce qu'on veut avec», laisse-t-elle savoir.
Josée Dandurand a expliqué au 98,5FM que depuis le décès du frère du suspect en décembre dernier, chez qui il habitait, Sylvain Duquette était craint de Claude Duquette et Jocelyne Pellerin. «Dans ses paroles, il avait craché littéralement sur mon beau-père. Il avait pris ma belle-mère par le poignet et l'avait tassée. Il était agressif dans sa façon d'être. Ils ne le voyaient plus souvent depuis les funérailles de leur autre fils. Mais ils en avaient peur», évoque la belle-fille de la victime, ajoutant que le couple s'était même construit un abri dans la maison.
«Ils s'étaient fait comme un bunker dans la salle de lavage. Il (Claude Duquette) avait mis quelque chose pour barrer sa salle de lavage. Il s'était mis de la nourriture au cas où il resterait pris là longtemps. Il en avait vraiment peur. (...) Ils (ses beaux-parents) nous avaient dit: ''On a peur qu'il vienne nous tuer.'' Et c'est arrivé», ajoute Mme Dandurand, ébranlée.