Réjean Lemay, directeur général du CMI.

Tristesse et incompréhension au CMI

«C'est de l'incompréhension. La tristesse n'a pas cédé sa place à la colère», observait mercredi matin le directeur du Collège Marie-de-l'Incarnation, Réjean Lemay, en commentant l'ambiance qui régnait dans l'école que fréquentait une des victimes assassinée mardi avec sa soeur et son copain.
Le deuil est marqué d'une intensité supplémentaire pour la communauté du collège, puisque le père des jeunes femmes décédées est très impliqué dans la vie de l'établissement.
La direction de l'école a confirmé mercredi après-midi par voie de communiqué l'identité de l'élève de cinquième secondaire décédée, en offrant ses condoléances à son père. Le communiqué annonce même la tenue d'un spectacle d'humour dédié à la disparue au mois de mars.
Mercredi matin, des élèves avaient apposé des messages autour d'une photo de l'adolescente, affichée sur un babillard. D'autres jeunes se sont rendus à la chapelle de l'école pour allumer un cierge en sa mémoire.
«On a vu des situations spontanées de tristesse de manifester. Et aussi, que l'identité des présumées victimes soit confirmée par un journal ce matin (mercredi) a fait disparaître le sentiment de doute, le sentiment de ne pas savoir», indiquait le directeur de l'école hier avant-midi.
Cinq intervenants sociaux étaient sur place pour soutenir les jeunes qui en exprimaient le besoin. La veille, soit le jour même de la tragédie, trois intervenants du Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières avaient rencontré les jeunes par groupes.
«Mardi, on a fractionné les classes en groupes de 10 ou 12 élèves. Les jeunes pouvaient échanger avec les intervenants, dans une sorte de debriefing. Aujourd'hui (mercredi), on module les interventions. Ce sont des interventions individuelles», expliquait le directeur.
M. Lemay anticipait une fin de la semaine difficile pour l'ensemble des élèves. Mercredi, les cours se déroulaient comme prévu, mais «les acquis pédagogiques ne seront probablement pas nombreux», prédisait le directeur, en ajoutant que «l'important pour les jeunes est de se retrouver dans un groupe d'appartenance pour vivre leur tristesse.»
Aujourd'hui, une journée de sorties éducatives était déjà prévue. Les élèves ont choisi de participer aux activités quand même, malgré le contexte. Une journée pédagogique conclura la semaine demain.
Pendant ce temps, sur Facebook, des personnes tentent de mettre sur pied un rassemblement afin d'honorer la mémoire des disparus. Les organisateurs souhaitent tenir leur événement samedi, sur le coup de 13 h, et invitent la population à y participer.