On voit ici les policiers alors qu'ils procédaient à l'arrestation de l'un des deux suspects, mardi matin, sur la rue Sicard, à Trois-Rivières. Il s'agit de deux jeunes d'âge mineur.

Triple meurtre: retour en cour sous haute surveillance

Encore une fois mardi, l'ambiance était à trancher au couteau au palais de justice de Trois-Rivières pour le retour très attendu devant le Tribunal de la jeunesse des deux adolescents accusés du triple meurtre commis le 11 février dernier.
Parents et proches des victimes s'étaient en effet déplacés en grand nombre. Dans le lot, on retrouvait même des membres de la famille de l'un des suspects. Pour l'occasion, des mesures de sécurité supplémentaires avaient été mises en place par les constables spéciaux, de sorte qu'il fallait montrer patte blanche pour entrer dans la salle d'audiences. Les gens ont donc dû se soumettre à une fouille et au détecteur de métal; les journalistes ont dû présenter des preuves d'identité.
Qui plus est, comme la salle ne compte que 24 places assises, ce sont les familles immédiates, dûment identifiées et escortées par des enquêteurs de Trois-Rivières, qui ont été priorisées pour entrer dans la salle. Elles ont été suivies par les journalistes. On aura deviné que plusieurs proches et amis se sont vus refuser l'accès à l'audience, ce qui a entraîné un peu de mécontentement.
Comme prévu, la procédure judiciaire a par ailleurs été très courte, mardi matin, d'autant plus qu'un seul des jeunes a été conduit dans le box des accusés. Représenté par Me René Duval et Jean-François Lauzon, l'adolescent de 17 ans n'a affiché aucune émotion particulière. Son avocat a fait savoir au tribunal qu'il n'avait pas encore reçu toute la preuve dans cette affaire, plus spécifiquement la preuve scientifique. Il a donc demandé à ce que la cause soit reportée pour la forme au 11 mars, toujours au stade de l'enquête sur remise en liberté et de l'orientation.
Même chose pour l'autre accusé, défendu par Me David Guévin. L'adolescent était d'ailleurs absent en vertu d'une désignation d'avocat. Me Guévin avait demandé à ce que son client ne soit pas conduit inutilement au palais de justice de Trois-Rivières. Celui-ci se trouve présentement dans un endroit où il reçoit des soins nécessaires à son état.
Notons par ailleurs que Me Duval a pour sa part pris soin de demander au juge Daniel Perreault que son client puisse continuer à bénéficier du même encadrement médical et sécuritaire au cours des prochaines semaines. À ce sujet, le juge a rappelé qu'il n'avait pas la juridiction requise pour se prononcer. Or, Me Duval tenait à ce que sa demande soit inscrite au procès-verbal.
D'autre part, le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Hippolite Brin, a demandé au juge qu'il interdise formellement aux deux suspects de se contacter et de communiquer avec la mère des deux soeurs assassinées.
Rappelons que les adolescents de 16 et 17 ans font face à six chefs d'accusation, soit trois de meurtre prémédité et trois de complot pour meurtre. En plus des trois victimes, ils auraient comploté pour tuer la mère des deux soeurs ainsi que des policiers. La Couronne a déjà indiqué son intention de demander qu'une peine pour adulte soit imposée aux accusés en cas de culpabilité au terme des procédures.
De toute évidence, l'atrocité de ce drame n'a pas fini de causer des vagues. Lundi après-midi, un adolescent de 17 ans a en effet été accusé de menaces de mort à l'encontre de la famille de l'un des co-accusés. Il aurait tenu des propos menaçants sur les réseaux sociaux. Sa cause reviendra devant le Tribunal de la jeunesse le 4 mars.